Nos élus sont-ils responsables?

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Dans notre démocratie, les élus peuvent-ils être considérés comme étant «responsables»?

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Le Soleil

Selon une définition littérale du mot responsable, nous pourrions dire qu'est responsable celle ou celui qui est capable de donner des réponses.

Selon les dictionnaires consultés, la définition de l'adjectif responsable serait : qui doit répondre de ses actes ou des personnes qui sont à sa charge. Qui est la cause (ultime) de quelque chose et de ses conséquences.

Avec notre démocratie actuelle, je doute beaucoup que nos élus soient considérés comme «responsables» de leurs actes législatifs; ce serait plutôt une personne morale du nom de «gouvernement» qui serait responsable. Et le gouvernement étant une confection des citoyens sous l'égide d'une structure dite «démocratique», ce ne seraient donc pas les élus qui seraient responsables, mais bel et bien nous tous, sans distinction particulière, qui serions responsables des décisions et actions du corps politique appelé «gouvernement».

Ce serait pour cette simple raison que l'on dit toujours que le gouvernement, c'est nous tous et... personne.

Nos élus ne sont donc pas responsables au sens strict du terme : ils n'ont pas à répondre de leurs actes personnellement. Même s'ils sont rémunérés, le but de cette rémunération n'est pas de les rendre responsables ou répondants, mais de les rendre notables pour l'exercice de leurs lourdes charges à la collectivité. Le gouvernement est responsable, car il est l'autorité.

Les dangers de la corruption et de la collusion sont ainsi omniprésents : c'est monnaie courante depuis la nuit des temps. Il a fallu des révolutions sanglantes pour tuer provisoirement ces utilisateurs malveillants des pouvoirs reconnus de l'autorité; même les révolutions n'arrivent pas à éteindre les corruptions qui sont de tout acabit et bien vivantes. 

La seule espérance à l'atténuation des corruptions et collusions qui peut tenir est celle d'une vigilance constante du peuple face aux élus, surtout devant les plus intransigeants et les plus puissants de ce monde imparfait.

Ainsi, la démocratie qui est cette forme de gouvernement chimérique, dirions-nous, aura une certaine réalité et une certaine viabilité; sans l'apport constant des citoyens à la vie politique, la démocratie n'existe pas; on peut alors parler d'une autre forme de gouvernement : oligarchie, autocratie, monarchie, théocratie, etc., mais pas de démocratie.

Soyons là, soyons cette personne du gouvernement non pas annihilée dans la foule et perdue dans cette masse informe, mais bien celle et celui par qui naît et agit cette autorité. Oui, en démocratie, le gouvernement et son autorité c'est nous tous, et non plus personne, et non plus que l'élu.

Au Québec, comme pour le dossier de la récitation de la prière catholique avant les séances du conseil municipal, les élus doivent évoluer vers plus de démocratie et de respect de celle-ci et non vers ses contraires; il y a des décisions d'importance majeure pour la collectivité qui requièrent toutes ses lumières.

François Champoux, Trois-Rivières

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