Drones: un ménage s'impose

Le jouet qui vole au-dessus de votre piscine est bel et bien un aéronef qui... (Archives AP, Alex Brandon)

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Le Soleil

Le jouet qui vole au-dessus de votre piscine est bel et bien un aéronef qui circule dans l'espace aérien canadien. Mais les messages qu'on entend à son sujet sont contradictoires.

L'utilisation de ces engins est régie par une loi fédérale, le Règlement de l'aviation canadien (RAC), sous la responsabilité de Transports Canada, qui est aux prises avec une patate chaude.

À partir d'une certaine grosseur, ces jouets représentent un danger pour les personnes et les biens, surtout que les gens peuvent les piloter à des distances pouvant aller jusqu'à quelques kilomètres en se contentant de regarder la vidéo envoyée par la caméra de l'appareil sur leur téléphone portable ou leur tablette.

Lorsqu'on s'amuse à les faire voler plus haut, c'est pour les avions et les hélicoptères qu'ils deviennent une menace. Et les batteries de ces jouets peuvent prendre feu si ceux-ci s'écrasent sur la toiture d'une maison ou d'un édifice.

La première action de Transports Canada a été de réglementer leur utilisation. Le RAC s'adresse à tout le monde mais, malgré des efforts louables, il demeure immensément trop complexe pour la population en général parce qu'il s'adresse spécifiquement au monde de l'aéronautique et en utilise le jargon plutôt hermétique.

D'autre part, pour les opérateurs professionnels, les critères d'émission de permis sont tellement contraignants qu'il y en a de plus en plus qui préfèrent se faire passer pour des amateurs afin de ne pas avoir à demander de permis pour faire voler ces appareils qui, tenez-vous bien, peuvent peser jusqu'à 25 kg (55 lb)! 

Il faut comprendre que le statut d'amateur a été historiquement donné aux modélistes, qui pouvaient passer des mois et même des années à fabriquer un appareil volant, réplique d'un aéronef réel, prenant grand soin de les faire voler dans des endroits dégagés, de crainte de détruire accidentellement le résultat de tant d'efforts. Le faux amateur moderne est plutôt celui ou celle qui reçoit, par la poste, un appareil prêt à voler, souvent donné en cadeau. Il est aussitôt mis en l'air dans la cour arrière de la maison et, quelques minutes plus tard, il survole le quartier. Ces enthousiastes s'improvisent quelquefois photographes ou vidéastes aériens et tentent d'en retirer un revenu d'appoint. 

En «travaillant» illégalement en amateurs, ils se dispensent d'une formation adéquate et augmentent ainsi les risques d'accident. En restant «sous le radar», ils évitent les contacts et les interactions avec les communautés d'opérateurs professionnels et de modélistes amateurs qui, eux, pourraient les encadrer adéquatement et leur éviter les erreurs et les gaffes des pilotes inexpérimentés. Normal, ils ont peur de se faire dénoncer à Transports Canada; on ne les verra nulle part.

Les opérateurs de drones commerciaux, qui ont déployé beaucoup d'efforts pour se conformer aux critères élevés de Transports Canada, perdent du travail aux mains de ces «amateurs professionnels» qu'ils ne verront jamais.

Est-ce le «cousin du beau-frère qui a un drone et qui est pas mal bon là-dedans» qui aura le travail de photographie ou de vidéo à leur place? Ils ne le sauront jamais, ils verront juste leur chiffre d'affaires péricliter malgré la popularité grandissante de ce secteur d'activités.

Pour Transports Canada, le dicton qui dit que le mieux est l'ennemi du bien semble très à propos. La réglementation contraignante et complexe a rendu l'opération illégale des drones un choix intéressant pour plusieurs. Le résultat au net est qu'on a peut-être empiré les choses au lieu de les améliorer. 

Il faut à tout prix faire le ménage dans tout ça et interdire l'achat et l'utilisation sans permis d'un drone ou de tout appareil volant de plus de 500 g (une livre) ou qui peut voler à plus de 30 mètres du pilote. Aussi, il faut absolument simplifier l'émission des permis et rendre plus accessibles le soutien et les autorisations aux opérateurs expérimentés.

Si on séparait les jouets pour enfants des jouets pour adultes, ce serait simple et facile à comprendre pour tous. Plus d'amateurs, seulement des jouets volants ou des aéronefs télépilotés.

André Verville, Lévis 

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