La ville que nous voulons

Avec l'élargissement de plusieurs autoroutes, dont Laurentienne, les... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Avec l'élargissement de plusieurs autoroutes, dont Laurentienne, les auteurs se questionnent sur les priorités du maire pour la Ville de Québec en matière d'aménagement de et développement du territoire.

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Le Soleil

Le ministère des Transports et la Ville de Québec ont annoncé au début du mois l'élargissement des autoroutes Laurentienne, Félix-Leclerc et Charest. Leur «vision»: plus de béton pour plus d'autos. «On est en voiture» comme dit Monsieur le Maire. Tant pis si ça coûte cher (de toute façon, ce n'est pas la Ville qui paye), si ça contribue aux changements climatiques, si ça augmente le nombre de voitures au centre-ville et si ça déstructure la ville.

On peut dès lors se questionner sur les priorités du maire pour la Ville de Québec. En pleine révision de son Schéma d'aménagement et de développement de l'Agglomération en vue d'accueillir environ 61 500 nouveaux ménages d'ici 2041, la Ville peine à renouveler son modèle de développement. Les décisions prises en matière d'aménagement et de développement du territoire sont contradictoires et poussent les nouveaux ménages à s'installer à l'extérieur de la ville et de plus en plus loin.

Pour éviter ce dernier scénario, quatre orientations nous semblent importantes.

D'abord, en matière de transports, la Ville devra assurer le développement à court terme du transport en commun, à faible coût pour les usagers, pour rendre le choix de la mobilité durable réellement attrayant. Or, bien que la Ville souhaite à moyen terme augmenter la part modale du transport collectif en développant un système de transport en commun structurant, elle a choisi de le faire à partir d'une technologie de qualité et de capacité inférieures au tramway et en évitant le parcours qui serait le plus achalandé. D'un côté la Ville ajoute des Parc-o-Bus pour inciter les personnes à laisser leur voiture en périphérie, mais elle facilite les déplacements en automobile en élargissant les autoroutes pour régler ses problèmes de congestion.

Ensuite, la Ville devra planifier une densification «familiale», urbaine et solidaire qui s'inscrit à l'opposé du modèle de blocs ou de tours de condos périurbains, qui ne constitue souvent pas un choix durable ni intéressant à long terme pour les ménages. En effet, sans véritable coeur de quartier, sans commerces de proximité, sans infrastructures favorables aux déplacements actifs, on se retrouve encore et toujours dépendant de l'automobile. Le modèle des écoquartiers (Pointe-aux-Lièvres et D'Estimauville) et des maisons en rangée ou à quelques étages s'avère beaucoup plus attrayant pour les familles, qui peuvent bénéficier d'un petit terrain, de services de proximité et d'une vie sociale stimulante. Plutôt que de détruire nos forêts, nos milieux humides et nos précieuses terres agricoles pour développer de telles zones d'habitation, il serait préférable de construire «la ville sur la ville», en densifiant les terrains non utilisés ou mal utilisés, comme les terrains bétonnés ou les stationnements de surface qui pullulent près de nos boulevards.

Également, la Ville devra miser sur une plus grande mixité sociale en prônant le développement de logements sociaux et l'habitation abordable. Le phénomène de gentrification, qui repousse les personnes les plus pauvres en dehors des «beaux quartiers», apparaît néfaste au dynamisme des villes. Tous les projets d'habitation, même les projets privés, devraient inclure un pourcentage significatif de logements sociaux ou, à défaut, contribuer à un fonds réservé au développement de tels logements aux alentours.

Enfin, si la Ville souhaite garder ses familles au centre-ville, elle devra délaisser la méthode de taxation foncière fondée uniquement sur la valeur de la propriété au profit d'une taxation sociale et environnementale. Il est anormal que les ménages qui choisissent de s'installer dans les quartiers centraux, là où les dépenses en infrastructures et les coûts environnementaux sont les plus faibles, se retrouvent à payer plus cher en taxes que ceux qui vivent en périphérie.

Pour réussir son pari - celui d'être une ville à la fois dense et mobile, verte et urbaine, inclusive et mixte, familiale et branchée - Québec devra contourner ces écueils et faire face à ses contradictions.

Christine Gauthier et Sébastien Bouchard,

co-porte-parole de Québec Solidaire , Jean-Lesage

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