Médecins de famille sans familles

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

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Le Soleil

Lettre à Monsieur Gaëtan Barrette, Ministre de la Santé et des Services sociaux

Peut-être pouvez-vous m'éclairer. Je me demande comment le Québec en est arrivé au système de cliniques médicales actuelles. Voilà plus de 32 ans que je fréquente la clinique médicale de mon quartier, le GMF Centre de l'Hêtrière (anciennement clinique médicale de Cap-Rouge), dont je viens d'être exclue parce que mon médecin a pris sa retraite.

Pourtant, il n'y a pas si longtemps, il était possible d'avoir un rendez-vous dans cette clinique avec un médecin dans un délai de quelques jours, si on n'avait pas de préférence pour un médecin, ou d'avoir le service, sans rendez-vous, la journée même. Il en était de même dans les autres cliniques de la régionde Québec. Et puis un jour, au cours d'un rendez-vous avec un médecin, celui-ci me fait signer un document en m'indiquant que l'on devait maintenant être «inscrit». Je ne pouvais m'imaginer les impacts à ce moment.

C'est maintenant que j'en réalise toute la portée. Ces cliniques, appelées GMF, ne fournissent plus aucun service aux «non-inscrits». Je me retrouve sur une liste d'attente et j'ai le droit de consulter un médecin à l'urgence de l'hôpital ou dans une «clinique-réseau», seulement si je suis malade. On me dit qu'on peut attendre plus de cinq ans avant de retrouver un médecin. Pendant ce temps, à la clinique de mon quartier, de nouveaux médecins arrivent avec leur clientèle ou se voient attribuer des clients d'autres quartiers. Ainsi, un grand nombre de Québécois vont maintenant se promener d'une clinique près de chez eux, à une liste d'attente, à une clinique peut-être beaucoup plus éloignée et se retrouver encore sur une liste d'attente après quelques années et ainsi que suite. Quel désastre! Et tout ça pour quoi?

Pourquoi en est-on arrivé là? C'est maintenant un privilège d'avoir accès aux services d'une clinique (GMF), comme un club privé. De plus, on se retrouve avec toutes sortes de cliniques : clinique médicale, GMF, clinique-réseau, superclinique. Qu'est-ce que ça amène de plus au client? S'il y avait des problèmes à l'époque, ils auraient sûrement pu être réglés ou contrôlés autrement sans bouleverser 8 millions de Québécois.

Maintenant, on est pris avec un système désastreux. Les listes d'attente ne se réduiront pas de sitôt. Même si le nombrede médecins augmente, la population du Québec augmente aussi et les médecins travaillent moins d'heures. On peut les comprendre, avec un salaire augmenté de plus de 60 % pourquoi faire autant ou plus d'heures? Pour terminer, j'aimerais qu'on m'explique pourquoi on appelle les médecins de ces cliniques des médecins de «famille» alors que ça n'a aucun lien avec la famille?

Lorsque j'avais mon médecin de «famille», mon mari avait un autre médecin de la même clinique, mon fils le plus vieux encore un autre et mon plus jeune aucun, mais il avait droit au sans rendez-vous, ce qui n'est plus le cas maintenant. Mon fils le plus vieux a aussi perdu son médecin.

Maintenant, sur quatre personnes d'une même famille, seulement une a un médecin de «famille» et a droit aux services de notre clinique de quartier. Mais pour combien de temps encore? Belle amélioration. Et tout ça en payant de plus en plus d'impôts depuis plus de 45 ans, et ça non plus ce n'est pas prêt de s'améliorer.

Johanne Labrecque, Cap-Rouge

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