Investir dans la santé de nos aînés

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Alors que plusieurs d'entre nous profitent de la période estivale pour mettre de côté les tracas de la vie quotidienne, quelque part au Yukon, nos premiers ministres provinciaux se rencontrent dans le cadre du Conseil de la fédération pour discuter d'une panoplie de sujets importants. Bien qu'elle puisse paraître anodine, cette rencontre aura un impact important sur l'avenir de nos soins de santé, car il sera sûrement question d'un nouvel accord sur la santé que le gouvernement canadien désire négocier avec les provinces et les territoires au cours des prochains mois.

Laissez-moi vous parler de ma réalité quotidienne. J'exerce la médecine depuis 23 ans au centre hospitalier de Rivière-du-Loup et je constate au fil des années que le service d'urgence de notre hôpital demeure un stationnement de personnes âgées.

À mon avis, cela représente un échec de notre système parce que nous n'avons pas été en mesure de mettre en place, en amont du réseau, les services et les infrastructures pour maintenir nos aînés en santé et surtout dans leur milieu de vie avec leurs proches, là où leur existence garde tout son sens.

L'Association médicale canadienne (AMC) milite depuis des années pour que les soins aux aînés soient une priorité pour les gouvernements. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. D'ici 2026, soit dans 10 ans, on estime que 2,4 millions de Canadiens de 65 ans et plus auront besoin de soins continus, rémunérés et non rémunérés. Le Québec n'y échappe pas.

Depuis 2015, la proportion de personnes de 65 ans et plus dépasse celle des personnes âgées de 0 à 14 ans. En 2003, les plus de 65 ans représentaient 12 % de la population. Il est dans l'intérêt de tous, jeunes et moins jeunes, que nos gouvernements priorisent les soins, tant préventifs que curatifs, aux personnes âgées.

L'AMC préconise des solutions innovatrices, comme un montant supplémentaire à caractère démographique au Transfert canadien en matière de santé qui permettrait d'accorder un nouveau financement aux provinces afin de supporter les coûts accrus liés au vieillissement de la population.

Les soins aux aînés doivent être une partie intégrante de cet accord sur la santé pour transformer notre système de santé. Une personne de 85 ans alitée sur une civière dans un corridor du service d'urgence perd des forces et son autonomie en moins de 48 heures; il est de notre devoir d'investir dans des soins à domicile efficaces et disponibles afin d'agir en amont et ainsi d'éviter une hospitalisation.

L'investissement additionnel de 60 millions $ annoncé le 13 juillet dernier par le gouvernement Couillard dans les soins à domicile est un pas dans la bonne direction, mais, à notre avis, il faut davantage une vision développée avec tous les intervenants du milieu : gouvernement, professionnels de la santé et aidants naturels pour arriver à une approche qui va nous permettre de désengorger le système et éviter que nos personnes âgées soient parquées à l'urgence, et ainsi qu'elles entrent dans cette spirale de la perte d'autonomie avec toutes les souffrances qui l'accompagnent.

Dr Pierre Harvey, infectiologue au centre hospitalier de Rivière-du-Loup et membre du conseil d'administration de l'Association médicale canadienne

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