Des services d'accueil dignes de ce nom pour les enfants immigrants et réfugiés

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Nous apprenions ce matin que les budgets des commissions scolaires de Montréal et de Québec qui reçoivent le plus grand nombre d'enfants migrants avaient diminué et que, dans la région de Québec, les classes d'accueil n'existent plus, remplacées par des «services de francisation».

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Le Soleil

Il y a peu, un quotidien faisait sa une avec une bien triste nouvelle: 2015 a été une année record pour le nombre de déplacés non volontaires.

Nous apprenions ce matin que les budgets des commissions scolaires de Montréal et de Québec qui reçoivent le plus grand nombre d'enfants migrants avaient diminué et que, dans la région de Québec, les classes d'accueil n'existent plus, remplacées par des «services de francisation». Pourtant, elles ont fait leurs preuves. Qu'on se renseigne un peu auprès, par exemple, de Françoise Armand, professeure à l'Université de Montréal, spécialiste de ces questions.

J'ai enseigné durant les années 80 à Côte des Neiges où non seulement tous les élèves non francophones nouvellement arrivés bénéficiaient d'une année dans une classe non pas «spéciale», mais «d'accueil» qui visait à les franciser, mais aussi à les aider à comprendre leur société d'accueil et à s'y intégrer progressivement. Après cette année scolaire, les élèves étaient partiellement intégrés dans les cours disciplinaires correspondant à leur niveau de scolarité et à leur âge, mais ils avaient droit au double d'heures de français pour consolider leur connaissance du français oral et écrit : ils étaient dans une classe dite de postaccueil. 

Pourquoi ne peut-on pas faire de même ou mieux encore aujourd'hui où le problème de l'immigration est plus aigu que jamais? Ces coupes sont inacceptables et me font honte. Des enfants réfugiés de Syrie et du Moyen-Orient vivant hors de Montréal n'ont droit qu'à des heures de francisation et sont intégrés pour le reste de la semaine dans des classes régulières, alors qu'ils ne comprennent pas le français et qu'ils viennent de vivre des traumatismes considérables; ils auraient plutôt besoin d'un milieu accueillant et aidant animé par des spécialistes. Le Québec est-il trop pauvre pour cela?

On peut féliciter l'Alliance des professeurs de Montréal d'avoir réagi devant cette insensibilité et cette irresponsabilité gouvernementales. On serait en droit de s'attendre aussi à ce que les associations d'enseignants du primaire et du secondaire ainsi que tous ceux et celles qui disent vouloir faire rayonner le français en fassent autant et se mobilisent pour qu'on accueille de façon responsable et humaine ces milliers d'enfants chassés de leur pays.

Suzanne-G. Chartrand, didacticienne du français et ex-enseignante en classe de postaccueil, professeure adjointe, Université Laval

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