Pour régler le dossier du pont de Québec

Ce manque d'entretien risque d'avoir créé une situation... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Ce manque d'entretien risque d'avoir créé une situation ou le pont pourrait être devenu irrécupérable pour une utilisation à long terme; tant techniquement qu'économiquement.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Ceci fait suite à l'éditorial du 4 juin 2016 de M.Pierre Asselin paru dans le journal Le Soleil relatif au pont de Québec et intitulé : «C'est la confusion qui est corrosive».​

Si nous comprenons bien son propos, M. Asselin estime que le vrai problème du pont de Québec en est un d'organisation où tous les intervenants se renvoient la balle plutôt que de faire face ensemble à la réalité. Ceux-­ci évitent de prendre une position commune, d'assumer ensemble les risques et de faire procéder à la mise à niveau de la structure. Or ce sont les démarches que notre groupe préconise depuis le début de notre implication dans le dossier.

Toutefois, il faut reconnaître aussi le fait que la structure du pont de Québec n'a pas été entretenue de façon complète depuis 1980 puisque la majorité des membrures principales n'ont reçu aucune protection efficace contre la corrosion depuis cette date. Ce manque d'entretien risque d'avoir créé une situation ou le pont pourrait être devenu irrécupérable pour une utilisation à long terme; tant techniquement qu'économiquement.

L'objection du CN à ce sujet est à l'effet qu'il a une entente avec le gouvernement du Québec garantissant une utilisation de 30 ans de la structure à compter de 2014 avec le type d'entretien actuel. Toutefois, en y regardant de plus près, il nous apparaît que cette entente n'est ferme que pour 10 ans au niveau des coûts et qu'elle contient aussi une clause à l'effet qu'elle peut être annulée avec un avis de 180 jours advenant que les coûts soient augmentés de plus de 10 millions de dollars. Aussi bien convenir alors que cette entente n'existe pas et que nous laissons collectivement la structure décider par elle même de son sort. Cette situation est très bien décrite d'ailleurs par Annie Morin dans son article paru également dans Le Soleil du 4 juin dernier.

Sachant que le pont de Québec est une structure isostatique où certaines pièces essentielles à son intégrité sont très difficiles à remplacer, nous comprenons assez bien la position du CN; mais ce n'est pas très rassurant pour les gouvernements qui comptent sur ce lien pour implanter des infrastructures comme le Service rapide par bus (SRB) ou l'élargissement de l'autoroute Henri IV et même l'agrandissement du port de Québec.

Pour ces raisons, nous exhortons les gouvernements à la prudence et nous leur suggérons fortement de former un groupe de travail chargé de réaliser les études appropriées avant de se lancer tous azimuts dans une réfection complète du pont. Ces études pourraient comprendre :

1. Un relevé précis et détaillé de l'état actuel du pont comprenant la mesure de profondeur de la rouille, l'étendue des microfissures, des déformations et autres anomalies.

2. Une modélisation de la structure dans son état actuel, soit comprenant les membrures diminuées par la rouille, les amorces de fissures, de déformations et autres anomalies. Une telle modélisation pourrait constituer le point de départ d'une solide évaluation de l'état du pont permettant de projeter ou non une réhabilitation valable à long terme.

3. L'établissement de scénarios d'entretien qui assureraient une durée de vie fiable du pont à moyen et long termes. Ces scénarios devront comprendre et être comparés en considérant les coûts de correction, les coûts annuels d'entretien, la durée de vie sécuritaire, les coûts d'une démolition éventuelle et d'une solution de remplacement et, également, les possibilités aux niveaux utilitaire, patrimonial et touristique.

4. La proposition d'un scénario optimum et d'une organisation solide capable d'assurer la réalisation des travaux choisis.

Les fonds requis pour la création du groupe de travail et la réalisation de telles études devraient être puisés à même le montant de 75 millions de dollars offert par le Gouvernement fédéral.

Malgré que nos recommandations portent sur des études préalables et que la population et les élus régionaux visent probablement des actions plus concrètes, nous croyons que c'est un passage obligé pour orienter de façon sérieuse et définitive le dossier et ensuite passer à autre chose.

Pour le Groupe l'Avenir du pont de Québec :

Gérard Bureau, ex-administrateur public et privé

Michel Duguay, professeur en génie électrique à l'Université Laval

Jean Hémond, ingénieur en mécanique, retraité et photographe

Georges Lacroix, ex-homme d'affaires beauceron, diplômé de Harvard

Carl Lavoie, archéologue

Gilbert Tessier, ingénieur en électricité et cadre retraité d'Hydro­-Québec

Lucien Viel, ingénieur civil spécialisé en structure, co-fondateur de Génivar aujourd'hui WSP

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer