PQ: refonder pour y croire de nouveau

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Le Soleil

L'actuelle course à la chefferie du Parti québécois (PQ) est d'un ennui déconcertant.

Alors que l'année dernière, les candidats s'engageaient dans un sprint pour savoir qui allait conduire le plus rapidement au pays, nous assistons maintenant à un renversement de situation : qui poussera le référendum le plus loin? Comme si ce n'était pas assez, il est consternant de voir certains candidats, ainsi que des souverainistes influents, se réjouir de la victoire du Brexit. Non seulement le contexte est complètement différent, mais il fait mal au coeur de s'imaginer dans le camp de Nigel Farage et de Boris Johnson, applaudis par Le Pen et Trump. La campagne du Leave fut menée par un dangereux populisme, maniant xénophobie et nostalgie impérialiste, jouant la victime alors que le pays a colonisé la moitié du globe. Au lieu de vanter ces grotesques démagogues, soyons solidaires du Scottish National Party (SNP), de son engagement pluraliste et démocratique, actif pour une Europe renouvelée, et une Écosse responsable de son développement. Au Québec, il est inquiétant de penser que la méthode des Brexiters soit séduisante quant à la marche à suivre pour rallier une majorité de citoyens à la cause souverainiste. La diversité culturelle est une réalité, et il faut la considérer comme un atout, un potentiel de croissance pour le projet de pays. 

En outre, les aspirants-chefs se dégagent de toutes propositions audacieuses et tombent dans une politique à la petite semaine, digne d'une fin d'élections générales ennuyeuse, en proposant des banalités. Ils doivent faire preuve de courage, être actifs (plutôt que réactifs) sur le plan des idées et aller à la rencontre des citoyens.

En fait, la campagne actuelle devrait s'articuler autour d'un seul enjeu : le PQ lui-même. 

La tentation solidaire et la protestation caquiste

Le vote du Parti québécois est basé sur un compromis : une vision plus centriste et consensuelle afin de bâtir des majorités autour d'enjeux faisant avancer la société québécoise et le projet de pays. Or, il apparaît que le compromis péquiste devient de plus en plus difficile à tenir. Il est tentant, lorsque ce n'est pas déjà fait, d'aller voir ailleurs. Pour nous y compris.

Pour lutter contre l'austérité, améliorer le modèle québécois et s'engager pour la souveraineté, il n'apparaît pas que le choix évident est le PQ. Il faut comprendre que Québec solidaire incarne pour plusieurs la nouveauté par son écoute de la jeunesse, son engagement et son souci croissant d'ouverture.

D'un autre côté, la Coalition avenir Québec attire un vote de protestation, contre une classe politique qu'elle voit déconnectée de ses préoccupations et de son potentiel. Ce sont des citoyens fatigués de l'alternance bleu-rouge, du manque de transparence et des impôts. Plutôt que d'essayer de capter cet électorat en calquant ses politiques, pourquoi ne pas combattre et déconstruire ses arguments? 

Encore, il faudra apprendre à considérer la diversité politique et se dégager de la vision bipartite qui se révèle dépassée. 

Un nécessaire changement 

Le PQ doit changer, pour éviter qu'il n'ajoute son nom à la liste des partis disparus face aux libéraux. Comment? Une refondation. Afin de continuer d'être considéré comme le véhicule capable de conduire le Québec à la souveraineté, il doit réinvestir les mouvements sociaux, puiser sa force dans la société civile et se réinventer à partir des idées émergentes.

Il y a un besoin de construire une nouvelle force politique, militante et progressiste pour renouveler le parti. Il faut stimuler la participation de la société civile, des artistes, des penseurs, des intellectuels, des militants syndicaux et communautaires pour former un projet de société emballant menant à la souveraineté.

Finalement, il faut aussi repenser le rapport entretenu avec le leadership. La clé du succès de l'option réside dans la force de ses idées et le militantisme de ses membres. Le ou la chef élu sera bien entendu à la tête du parti, mais il apparaît nécessaire qu'il ou elle assume le leadership en collégialité.

Claude Guimond, ex-député du Bloc québécois, Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques

Milan Bernard , ex-directeur de campagne de Pierre Céré (2014-2015) 

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