Le Québec, une bombe climatique

Dans sa nouvelle politique énergétique, le Québec mise principalement sur le... (Archives La Presse)

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Le Soleil

Dans sa nouvelle politique énergétique, le Québec mise principalement sur le gaz naturel pour «assurer la transition», selon ses termes promotionnels. Or, des rapports de mesures sur les émissions aux États-Unis confirment que le gaz naturel est une bombe climatique.

Le gaz naturel, liquéfié ou non, est principalement constitué de méthane, un gaz à effet de serre (GES) 34 fois plus dommageable que le CO2 sur une période de 100 ans et 86 fois plus dommageable sur une période de 20 ans.

Un rapport du Département américain de l'énergie estime que les émissions furtives lors de la production et les fuites lors de la distribution du gaz naturel sont en moyenne de 1,5 %. Mais des mesures réelles effectuées pour une étude en 2013 ont démontré qu'elles sont au minimum du double et peuvent même atteindre cinq fois cette valeur dans les zones d'exploitation et de production de gaz de schiste. 

Les mesures sur le terrain démontrent que les fuites atteignent 7 % sur tout le cycle et que ce pourcentage augmente avec le volume de gaz. Ces fuites de méthane sont suffisantes pour annuler le bénéfice climatique des faibles émissions lors de la combustion du gaz naturel. 

L'analyse fait également mention d'une étude européenne démontrant que la liquéfaction du gaz naturel et son transport sont des processus énergivores contribuant à augmenter les émissions des GES. Ces études concluent que le gaz de schiste et le gaz naturel liquéfiés sont de très mauvaises solutions pour diminuer les émissions de GES. 

Le gouvernement du Québec n'a jamais pris autant de mauvaises décisions depuis que les faits scientifiques sur les changements climatiques font la manchette. La concentration de CO2 atmosphérique ne redescendra pas de sitôt en deçà de 400 ppm.

Les politiciens osent même permettre le pire marasme industriel de notre époque en autorisant la fracturation hydraulique sur son plus beau territoire : Anticosti. Pendant ce temps, une étude du consortium Ouranos démontre que les régions côtières du Québec seront «confrontées à des pertes totalisant 1,5 milliard $ au cours des 50 prochaines années causées par l'érosion qu'entraîneront les changements climatiques».

La politique est descendue au plus bas. Esclave du développement et sourde à la science, elle n'est plus qu'un vulgaire respirateur artificiel d'une économie en train de tuer la planète et ses habitants.

La majorité des Québécois indifférents et apathiques qui laissent faire sans réagir sont maintenant assis dans une bombe climatique! Et elle ne pourra pas être désamorcée à moins de changements majeurs.

Stéphane Brousseau, directeur de recherche, B. Sc. Géologie et chercheur en anthropocène, IRASD - Institut de recherche en architecture de société durable

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