Retraites: Québec doit agir pour contrer la pauvreté

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau... (La Presse Canadienne, Adrian Wyld)

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Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau

La Presse Canadienne, Adrian Wyld

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Le Soleil

Le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, annonçait cette semaine une entente avec huit provinces afin de bonifier le Régime de pension du Canada, ce qui est suffisant pour aller de l'avant malgré le retrait du Québec.

Certains ont salué cette décision du ministre québécois, Carlos Leitão, qui invoquait notamment que «ce n'était vraiment pas approprié que les cotisations additionnelles commencent tout de suite pour les personnes avec les revenus les plus bas et les PME».

Cependant, depuis quelques jours, les déclarations tant du ministre que du premier ministre Philippe Couillard nous portent à croire qu'il s'agit d'un prétexte pour retarder et diluer l'application d'une bonification pourtant très graduelle et modeste, alors que plusieurs groupes de la société civile réclamaient bien davantage. Il y aura une consultation au Québec. Le SCFP-Québec y sera pour défendre un droit fondamental pour l'ensemble des Québécois : le droit à une retraite dans la dignité et non dans la pauvreté.

Il faut rappeler que la pleine bonification (25 % en 2019 à 33 % en 2023) prendra quelques décennies avant de s'appliquer intégralement pour un travailleur, alors que le SCFP-Québec et la FTQ prônaient pour une hausse plus significative afin de palier la pauvreté grandissante chez les personnes ainées et chez une tranche de plus en plus importante de travailleurs et de travailleuses actuellement sur le marché du travail, et qui n'ont pas accès à un régime de retraite chez leur employeur.

Il faut un véritable coup de barre, alors que la dernière bonification au Régime de pension du Canada remonte à 1997 et qu'il ne risque pas d'y en avoir une autre avant longtemps. Si le gouvernement libéral du Québec se soucie tant des plus bas salariés, il faut agir sans tarder et cesser d'être à la solde de groupes comme la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), qui saluait cette semaine la décision du ministre de vouloir prendre son temps et consulter. Notez que la FCEI invite d'ailleurs depuis plusieurs semaines ses membres (les PME canadiennes) à signer une pétition sur son site Internet afin d'inciter les deux paliers de gouvernement à «renoncer pour de bon à toute hausse de cotisation au RPC/RRQ». On se demande qui défend des intérêts corporatifs dans ce débat?

Pour le SCFP-Québec, il est temps que le gouvernement du Québec se distingue, non pas en adoptant des politiques davantage associées au parti conservateur fédéral, mais en prenant le parti de la population.

Une hausse des régimes publics de retraite n'est pas une hausse de taxes, mais bien une mesure sociale qui profite à tous les Québécois, n'en déplaise à la FCEI, tout comme la hausse du salaire minimum à 15 $, d'ailleurs. Cette seule mesure permettrait de véritablement aider les plus bas salariés dont le ministre Leitão semble vouloir se faire le défenseur.

Le SCFP-Québec sera du débat pour défendre le droit fondamental à une juste retraite pour tous les Québécois.

Denis Bolduc, président du SCFP-Québec

Benoit Bouchard, secrétaire général du SCFP-Québec

Marc Ranger, directeur québécois du SCFP

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