Le pitbull n'a plus sa place parmi nous

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En 1990, la Cour supérieure du Québec a fait siennes les conclusions des experts au sujet du «caractère sauvage, incontrôlable et vicieux» des pitbulls.

La Presse Canadienne, Ryan Remiorz

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Point de vue
Le Soleil

En réaction au texte «Pitbulls : un débat parti sur de bien mauvaises bases» de Jean-François Cliche, paru le 13 juin

J'ai trouvé intéressante votre chronique sur les pitbulls. En avril dernier, j'ai publié sur un de mes groupes Facebook le règlement de Saint-Bruno-de-Montarville qui interdit les pitbulls et autres chiens apparentés. Même si de prime abord, je n'aimais pas cette race de chien, je n'avais pas d'opinion sur leur interdiction. Sa publication provoqua un intéressant débat... J'ai vérifié chacun des arguments et statistiques des défenseurs des pitbulls. Je n'y ai trouvé rien de probant, beaucoup de demi-vérités et graduellement, j'en suis arrivé à une position contraire à la vôtre. Les excellents et bien documentés articles de la journaliste Marie-Claude Malboeuf de La Presse m'ont été aussi fort utiles dans ma réflexion.

Les défenseurs des pitbulls, outre leurs argumentaires calqués sur la NRA, n'ont rien de crédible à présenter. Pourtant quiconque a un «esprit scientifique» devrait être sensible à plusieurs des arguments mis de l'avant par les partisans de l'interdiction des pitbulls. Même si on retient qu'il existe une certaine faiblesse dans les études qui appuient l'interdiction des pitbulls, on devrait, faute de données complètes, mais en prenant en compte le principe de précaution, interdire ces chiens. Personne ne conteste que ces chiens infligent de plus graves blessures que les autres races. Il ne faut pas, non plus, oublier qu'il existe une échelle dans la gravité des blessures par les chiens, y compris dans les blessures considérées comme graves...

Dans un de ses articles, Marie-Claude Malboeuf cite Randall Lockwood, vice-président à la SPCA américaine (ASPCA). «L'intervention humaine les a rendus inadaptés, explique-t-il, car les éleveurs ont sélectionné pendant des siècles des traits anormaux, avantageux lors des combats.»

Dénaturés, les pitbulls peuvent être «blessés par balles sans montrer de signe de détresse», expose l'ASPCA. Ils «ignorent les signaux de soumission des autres chiens» et «ne donnent pas d'avertissement avant d'attaquer». Des éleveurs favorisent encore les pitbulls dits «game» - non pas dans le sens de «joueurs», mais dans le sens de «prêts à tout braver». Le pitbull est ainsi le seul chien qui s'attaque autant aux adultes qu'aux enfants.

Les pitbulls, des requins terrestres

Par contre, les pitbulls agresseurs se servent de leurs crocs différemment - à la manière des terriers, mais avec une puissance unique pour cette famille de chiens. «Ils attaquent les muscles profonds, s'agrippent, secouent et déchirent les tissus», a résumé la Cour suprême du Colorado en 2005.

En 1990, la Cour supérieure du Québec a fait siennes les conclusions des experts au sujet du «caractère sauvage, incontrôlable et vicieux» des pitbulls.

Selon le chirurgien plasticien de l'hôpital Ste-Justine, Daniel Borsuk, cité aussi par Marie Claude Malboeuf, «de tous les chiens agressifs, les pitbulls font en moyenne les pires ravages. Les crocs de ces molosses peuvent infliger l'équivalent des blessures par balle, voire des morsures d'ours.» Ce qui explique pourquoi certains de ses confrères traitent carrément ces bêtes de «requins terrestres».

«Quand les pitbulls mordent le centre du visage - le nez, la bouche, la joue ou les paupières - et qu'ils arrachent complètement les tissus, on ne peut les remettre à leur place.»

À Cincinnati, un chirurgien pédiatrique indigné a pris la peine d'alerter le public en 2014. «Une nuit, j'ai vu un enfant saigner à mort sur la table d'opération parce qu'un chien lui avait arraché la gorge. Je répare actuellement un enfant dont la moitié du visage a été déchirée jusqu'à l'os», expose la lettre ouverte du Dr David A. Billmire. «Dans tous les cas, le chien en cause est un pitbull ou un mélange de pitbulls», précise l'Américain.

Trois études médicales américaines publiées l'an dernier le confirment. Les pitbulls chargent plus souvent sans avoir été provoqués et infligent des blessures plus catastrophiques.

En 1989, déjà, le prestigieux Journal de l'Association médicale américaine sonnait l'alarme, rapportant que les pitbulls tuent près de trois fois plus que les bergers allemands. Des chercheurs texans ont ensuite conclu que le risque d'être tué par un pitbull était 2500 fois plus élevé que celui d'être tué par un labrador. À leurs yeux, la loi devrait donc traiter ces molosses de la même manière que d'autres espèces dangereuses, comme les léopards.

Selon des statistiques compilées par Dog-Bite : 89 % personnes défigurées ou amputées à cause d'un chien en Amérique du Nord entre 2006 et 2015 ont été attaquées par un pitbull; de 2010 à 2015, les pitbulls ont tué 72 % de leurs victimes (souvent un voisin).

Dans Mercier-Hochelaga, à Montréal, près de 50 % des 125 attaques ont été commis par des pitbulls. Ils sont responsables de 32 % des morsures à Rivière-des-Prairies en 2015 et de 70 % des morsures à Rosemont, etc., etc. Dans 9 arrondissements de Montréal, ces chiens sont responsables de 80 % des blessures graves.

Toute cette polémique avec les pitbulls m'en rappelle une autre. Celle des malamutes «Coutous».

Lorsque j'étais jeune, un éleveur avait développé une super sous race de ces chiens. Ils étaient immenses (200 à 250lbs!). Un de mes amis de l'époque en avait deux... Je n'osais pas trop m'en approcher, car ces molosses me semblaient particulièrement agressifs et l'un d'entre eux avait dévoré le chihuahua de sa mère. À la suite de plusieurs graves attaques de ces chiens et poursuites judiciaires, l'éleveur a dû mettre un terme à son élevage. Plus tard, j'ai appris que ces chiens avaient été obtenus par un croisement avec des huskies et des loups. À l'époque, les attaques de malamutes (Coutous et autres), alors populaires, étaient très fréquentes. Outre la raison évoquée précédemment, une autre cause expliquait le comportement agressif de ces chiens... Cette race nordique supportait très mal les températures humides de nos latitudes, entre autres, celle de la région de Montréal. Ce type de chien n'était donc pas à sa place dans un environnement urbain comme le nôtre. Le pitbull, à cause de ses caractéristiques, n'a pas, non plus, sa place parmi nous...

Alain Dubois, Saint-Bruno-de-Montarville (une ville ou les pitbulls sont bannis)

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