Le ministère de l'Éducation a échoué à son examen

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Une fuite d'informations a conduit à l'annulation de la question 22, la question à développement, de l'examen du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur d'histoire de 4e secondaire ayant eu lieu le mercredi 15 juin.

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Le Soleil

Lettre envoyée au Ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur

Comme vous le savez très probablement, une fuite d'informations a conduit à l'annulation de la question 22, la question à développement, de l'examen du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur d'histoire de 4e secondaire ayant eu lieu le mercredi 15 juin. Comme vous le savez aussi, cet examen compte pour une grande partie de la note finale et est très important pour les élèves de 4e secondaire, puisqu'il est nécessaire d'obtenir la note de passage dans cette matière pour recevoir un diplôme d'études secondaires (DES).

Puisque cette question semble susciter des débats aussi bien chez vous que dans les corridors de nos écoles, je trouvais important de partager avec vous mon avis sur la décision de retirer la question no 22, puisque la quantité d'informations et de points de vue que vous recevez de la part des élèves doit être relativement limitée.

Tout d'abord, je souhaite mentionner que je comprends très bien votre décision de ne pas prendre cette question en compte dans la comptabilisation des points. Évidemment, plusieurs élèves ont pu avoir les réponses au préalable et cela a pu jouer dans les résultats. Je tenterai cependant de vous démontrer que, bien que cette décision ait été prise avec un souci d'égalité, elle cause en fait, selon moi, bien des injustices.

Selon les informations obtenues par mon propre enseignant d'histoire et des quotidiens, la violation de la confidentialité aurait été causée par un enseignant qui, tentant seulement de guider ses élèves, leur aurait confié qu'il s'attendait à ce que la fameuse question 22 porte sur un sujet en particulier en se basant sur la rotation des sujets des examens d'années précédentes, et cette déduction se serait avérée. Une de ses élèves aurait par la suite diffusé cette information, qu'elle ne tenait aucunement pour certaine, afin d'aider ses camarades. Le corrigé de l'examen qui circulait en ligne serait venu d'une autre source qui m'est inconnue. Est-ce bien exact?

Donc, si l'enseignant et, ensuite, son élève ont diffusé des informations pour lesquelles ils n'avaient, a priori, aucune certitude absolue, pourquoi punir tous les élèves du Québec pour cette judicieuse observation? Ce professeur d'histoire a visiblement découvert une faille dans le système utilisé pour choisir les questions et l'a utilisée afin de guider ses élèves vers la réussite. Le problème se situe donc dans la façon de déterminer les sujets, et la faute n'est nullement attribuable à l'enseignant ou à l'élève (encore moins au reste des élèves du Québec), qui n'ont qu'utilisé les ressources qu'ils avaient à leur disposition afin de réussir l'examen. Il est donc, selon moi, injuste de punir les élèves à cause d'une prédiction particulièrement perspicace.

Si le problème réside dans la circulation du corrigé en ligne, alors pourquoi donc punir l'entièreté des élèves de 4e secondaire pour une faute qui a été faite par le Ministère?

De plus, je n'ai évidemment pas de chiffres, mais je suis fermement convaincu que la proportion d'élèves ayant eu accès aux documents avant l'examen est minime. De tous les élèves avec qui j'ai discuté de cette question, aucun n'était au courant, avant l'examen, que de tels documents circulaient. Je crois plutôt que l'événement qui en résulte nuit à davantage d'élèves que le nombre de ceux qui avaient d'abord été avantagés, d'autant plus que beaucoup d'élèves se basaient pour leur réussite sur leur préparation à cette question, préparation qui a été, du moins pour ma part et pour celle des élèves de mon école, longue et rigoureuse.

Aussi, beaucoup d'élèves comptaient sur cette question afin de réussir leur examen. La retirer signifie donc que plusieurs d'entre eux y échoueront, alors qu'ils l'auraient réussi dans le cas contraire. Si la question annulée avait été une simple question à deux ou trois points, soit de 4 à 6 %, ce n'aurait pas été si grave. Mais celle qui est touchée est une question qui valait 25 % de l'examen, et une question sur laquelle les élèves ayant fait l'examen ont passé beaucoup de temps par rapport au reste des questions, temps qu'ils auraient pu utiliser autrement. Retirer cette question signifie non seulement que les erreurs dans les autres questions compteront davantage et conduiront probablement certains à l'échec, mais cela signifie aussi que les élèves ont perdu une partie du temps qui leur était alloué. Vous le savez autant que moi, des échecs dans cet examen ont beaucoup de poids, car la réussite de ce cours est nécessaire à l'obtention d'un DES.

Afin de justifier cette observation, voici quelques chiffres. La note maximale pour avoir un échec dans cet examen, après l'annulation de la question, est de 22,42/38, note qui sera ramenée à 29,59/50 après la multiplication par un facteur de 1,32. Cette note équivaut à 59 %, c'est donc un échec. Mais si cet élève avait réussi la question 22 (12 points), il aurait donc eu une note de 34,42/50, ce qui équivaut à 68,84 %. Une augmentation de presque 10 %, qui donne une note qui aurait été suffisante pour faire réussir l'examen, même aux élèves dans les programmes de sports-étude non reconnus, pour lesquels une note de 68 % est nécessaire. Une diminution de 10 % non méritée (pour la plupart des élèves) est à mon avis beaucoup trop grande, même si cette modification a été faite dans un but d'égalité.

Voilà pourquoi, selon moi, cette décision nuit à davantage d'élèves que ceux qui avaient été avantagés par la circulation des documents, et cause plusieurs injustices. J'espère avoir clairement partagé avec vous non seulement mon point de vue, mais celui de bien des élèves qui sont touchés par l'annulation de la question 22.

Merci beaucoup d'avoir lu mon message.

Jordan Charest, élève de 4e secondaire, Charny

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