Requiem pour le Mois de la poésie

Le poète Jean-Paul Daoust était l'invité d'honneur du 9e... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Le poète Jean-Paul Daoust était l'invité d'honneur du 9e Mois de la poésie à Québec, en mars dernier.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

C'est avec une infinie tristesse que j'ai lu l'avis de décès du Mois de la poésie, à Québec, commandé par la fermeture des portes du Bureau des affaires poétiques, nommé à l'origine Printemps des poètes.

Pendant près d'une décennie, les courageuses Isabelle Forest et Juliette Berton ont insufflé leur passion, leurs énergies et leur conviction que la poésie peut aider à sauver la beauté du monde, pour faire du Mois de la poésie un événement rassembleur où toutes les générations se côtoyaient dans cette fête des mots. Poètes de la capitale nationale, poètes invités, poètes de diverses tendances, parfois fragiles et superbement touchants, parfois aventuriers et insolemment audacieux, bellement provocateurs, les pairs comme le public se sont délectés de cette manne nourricière qui, à travers les grisailles de mars, apportait une énergie lumineuse dans nos vies. 

Les poètes préparaient leur participation au Mois de la poésie avec fierté, sachant aller à la rencontre des amoureux du genre qui, eux, attendaient avec impatience cet événement de tous les dangers émotionnels à travers les spectacles littéraires, les ateliers, les rencontres et les interventions dans des lieux publics. Pour les poètes établis, autant il était toujours inspirant de découvrir ou de redécouvrir les textes des pairs, autant il était vivifiant d'entrer en contact avec les univers poétiques des plus jeunes dans des mises en scène souvent décoiffantes, laissant entrevoir un avenir bien en selle pour la suite des choses. 

«L'aventure poétique qui commence dans les ténèbres réclame son droit à la parole dans la lumière», écrit Anne Hébert. Et dans ce sens, je trouve scandaleux que les pouvoirs publics de tous ordres n'aient pas accepté de délier les cordons de leur bourse pour soutenir, encourager et faire fleurir le Mois de la poésie, à Québec. 

Bien sûr, le magnifique Festival international de la poésie, à Trois-Rivières, l'effervescent Festival de la poésie de Montréal demeureront des ancres. Bien sûr, il y aura sans doute, dans la capitale nationale, d'autres rassemblements de la parole à la Maison de la littérature, par exemple, ou dans les bibliothèques. Mais rien n'aura, dans nos murs, cette force de frappe du Mois de la poésie qu'on vient de sacrifier sur l'autel de la rentabilité et des profits. J'ai honte pour ma ville.

Julie Stanton, poète, Québec

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer