Aide à mourir: pas de date butoir pour la dignité

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Afin de respecter la primauté de la vie, l'Église catholique s'oppose fermement à l'euthanasie et au suicide assisté. Elle déplore que tous les scénarios envisagés par le gouvernement fédéral permettent éventuellement à un nombre croissant de personnes de demander à mettre fin à leurs jours.

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Le Soleil

Le 6 juin prochain, la décision de la Cour suprême du Canada concernant l'«aide médicale à mourir» prendra effet avec ou sans loi fédérale pour l'encadrer.

L'adoption du projet de loi C-14 ou l'entrée en vigueur de la décision Carter donnera certainement lieu à des recours judiciaires afin d'élargir la portée de l'euthanasie au Québec, accessible chez nous depuis déjà 5 mois. Des pressions viendront également pour recourir au suicide assisté, tel que défini par C -14 : «de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu'elle se l'administre et cause ainsi sa mort.»

Je désire m'adresser aujourd'hui particulièrement aux personnes affectées «de problèmes de santé graves et irrémédiables (y compris une affection, une maladie ou un handicap)» causant des souffrances persistantes qui leur sont intolérables, comme le décrit la décision de la Cour suprême.

La vie que vous avez reçue, le souffle qui vous habite, la personnalité qui vous caractérise sont empreints de beauté, de noblesse et de grandeur. L'amour reçu, l'amour donné sont toujours présents et font de vous, comme de chacun de nous, des êtres revêtus d'une grande dignité en toutes circonstances. Ce que vous avez été, ce que vous êtes maintenant requièrent, entre autres, le respect, l'accompagnement et des soins appropriés pour vous aider à grandir jusqu'à la fin.

Afin de respecter la primauté de la vie, l'Église catholique s'oppose fermement à l'euthanasie et au suicide assisté. Elle déplore que tous les scénarios envisagés par le gouvernement fédéral permettent éventuellement à un nombre croissant de personnes de demander à mettre fin à leurs jours.

Je le répète souvent, la position de l'Église n'est pas de valoriser la souffrance.

Oui, la foi peut lui donner un sens, mais les chrétiens et chrétiennes, tout comme Jésus, souhaitent l'éviter lorsque cela est possible : «Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne» (Luc 22, 42).

J'ai la ferme conviction que Dieu nous aime d'un amour éternel, tels que nous sommes ici et maintenant, et ce, jusqu'à notre mort où il nous accueillera les bras grands ouverts. Il suffit d'écouter, sur notre webtélé diocésaine ECDQ.tv, la récente conférence de notre archevêque émérite Mgr Maurice Couture pour s'en convaincre.

D'ici le 6 juin prochain, je nous lance collectivement un grand défi. Vous connaissez sûrement une personne qui pourrait se reconnaître dans les critères québécois et (bientôt) canadiens d'accessibilité à l'aide médicale à mourir. Écoutez et accueillez jusqu'au bout l'expression de sa souffrance, de sa peur. Dites-lui qu'elle a du prix à vos yeux, qu'elle pourra toujours compter sur votre présence. Rappelez-lui votre amour inconditionnel.

Les demandes d'aide à mourir s'effacent habituellement lorsque les personnes souffrantes sont bien accompagnées. Ce sont les médecins et le personnel soignant en soins palliatifs qui me l'ont partagé à maintes reprises. Je les remercie de poursuivre leur rôle dans le nouveau contexte législatif au Québec.

Leurs efforts pour soulager la souffrance physique et morale portent de réels fruits et les investissements en soins palliatifs doivent se poursuivre. Pour celles et ceux d'entre eux (toujours une majorité) qui s'opposent à l'euthanasie, leur objection de conscience doit être protégée. Si un médecin ne souhaite pas référer un patient vers sa mort médicalement provoquée, son choix doit être respecté sans remise en question.

Merci également à tous les proches aidants. Les débats actuels risquent de faire oublier leur dévouement, leur courage, leur force, mais surtout leur sens de l'autre et du respect de la vie. Ces personnes ont énormément besoin d'être reconnues et soutenues.

Mon accompagnement de personnes en fin de vie me confirme qu'il est périlleux d'accorder la permission de provoquer la mort d'une autre personne, même avec son consentement. Non seulement une loi dicte, mais elle éduque et elle imprime la revendication du droit et la suggestion du devoir.

Avec le temps, les moeurs sont affectées et la rareté du geste cède le pas à l'habitude. C'est, à mon humble avis, un bien triste «progrès». Nous avons la responsabilité, la mission d'accompagner avec douceur et tendresse la vie de nos proches qui souffrent, et ce, sans recours à une loi qui incite à la mort. Dans ce contexte, nous sommes invités à prévenir ce mode suicidaire en choisissant de reconnaître la dignité de la vie.

Cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec

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