Une diatribe gratuite et méprisante contre l'UPA

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Marcel Groleau, président de l'UPA

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Point de vue
Le Soleil

En réaction au texte «Pierre Paradis et «l'empire» de l'UPA» paru le 15 mai

Le doyen de la faculté de management et professeur titulaire à l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, y va d'un autre coup de gueule contre l'Union des producteurs agricoles (UPA). Son manque de rigueur, les amalgames et les raccourcis qu'il prend pour faire connaître son point de vue détonnent chaque fois. Mais là, il dépasse l'entendement. Sa dernière diatribe contre l'UPA s'explique difficilement tant elle est gratuite et méprisante envers les producteurs agricoles québécois.

En fait, c'est le même mépris que l'on constate à la lecture d'une lettre qu'il publiait il y a 12 ans, au moment où il quittait le Québec pour la Saskatchewan. Il y allait d'une charge similaire envers le Québec. Je comprends maintenant que l'UPA représente ce qu'il méprise le plus de la société québécoise. 

L'action collective a toujours été à la base de l'économie agricole québécoise. Bien avant les plans conjoints, l'aide des voisins et de la parenté lors des corvées suppléaient à la main d'oeuvre familiale et aux faibles revenus générés par la vente des produits agricoles. Nous étions des milliers de producteurs agricoles qui acceptaient, pour leurs produits, ce que l'on voulait bien nous offrir.

L'Union catholique des cultivateurs, devenue l'UPA, est issue de cette culture de l'entraide et du partage; l'enrichissement collectif pour l'avancement de la société. Clairement, ce concept déplaît à M. Charlebois. En 1972, le gouvernement libéral a adopté la Loi sur les producteurs agricoles. La lecture des travaux parlementaires de l'époque nous apprend que le choix du législateur était fondé sur «la nécessité de créer un rapport de force, tenant compte du grand nombre de producteurs, de l'isolement de ceux-ci, de la similitude voire de l'uniformité des problématiques, de l'importante taille et du nombre réduit des autres intervenants». Les mêmes considérations prévalent aujourd'hui et l'ouverture des marchés n'a fait d'exacerber cette situation. Le législateur reconnaissait que tous les producteurs bénéficient de l'action collective et qu'il est conséquemment équitable que tous participent à son financement. Une notion d'équité qui échappe à M. Charlebois.

L'UPA a joué un rôle essentiel en favorisant la mise en marché collective pour que les producteurs améliorent la proportion de leurs revenus provenant du marché. Même regroupés, ils possèdent un rapport de force limité. Les produits agricoles sont périssables et le rendement de la production est imprévisible.

Gestion des risques

L'UPA a toujours milité en faveur d'outils de gestion des risques, comme l'assurance récolte, l'assurance stabilisation des revenus agricoles et les programmes en cas de catastrophes. Les prix sur les marchés agricoles peuvent varier du simple au double d'une année à l'autre. Les aléas de la météo, de même que les maladies, peuvent affecter grandement les troupeaux et les récoltes. En favorisant la stabilité par un meilleur partage des risques, on stimule les investissements, favorise l'innovation et facilite le transfert des entreprises aux générations suivantes. 

Le Québec figure au premier rang des provinces canadiennes dans les secteurs du lait et du porc. Grâce à l'action collective, l'acériculture est devenue un de nos fleurons sur les marchés internationaux. Notre agriculture crée plus d'emplois, car nous transformons 70 % de ce que nous produisons. L'âge moyen des agriculteurs est plus bas qu'ailleurs au Canada et le pourcentage des moins de 40 ans qui travaillent à temps plein sur leur ferme est plus élevé.

Pour toutes ces raisons et plusieurs autres, les producteurs agricoles québécois sont grandement attachés à leur Union. C'est bien connu, l'union fait la force et je ne vois aucune raison pour que les producteurs ou le gouvernement se privent de cette force.

Marcel Groleau, président, Union des producteurs agricoles, Longueuil

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