Pratiques abusives du commissaire

Le commissaire au lobbyisme du Québec, François Casgrain... (Photo archives La Presse Canadienne)

Agrandir

Le commissaire au lobbyisme du Québec, François Casgrain

Photo archives La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Plus tôt cette année, j'ai été à mon étonnement appelée à témoigner dans la cause lancée par l'actuel commissaire au lobbyisme du Québec contre l'homme d'affaires Michel Dallaire. La raison de cette cause : une lettre de l'homme d'affaires où il demandait une rencontre avec la commission consultative d'urbanisme afin de protéger l'intégrité d'une immense partie d'un terrain détenu par son entreprise familiale.

Cette demande de rencontre avec la commission consultative d'urbanisme dont c'est justement le rôle, a alors été interprétée par le commissaire et son organisation comme étant une tentative d'influence de titulaires de charges publiques. 

Ce que je comprends de la suite, c'est que l'homme d'affaires a décidé de défendre ses principes devant la cour au lieu de s'en tenir à l'interprétation du commissaire au lobbyisme. 

À titre de mairesse de l'époque, j'ai donc été convoquée comme témoin de la poursuite malgré n'avoir jamais subi quelconque pression ou tentative d'influence que ce soit. Mais le commissaire semblait à ma place, convaincu du contraire. À tel point que lors de mon passage à la barre des témoins, mes premiers mots ont été les suivants : «Je me demande qu'est-ce qu'on fait ici?»

Aujourd'hui, nous connaissons le résultat de cette cause. Le commissaire au lobbyisme a perdu devant la justice. 

À la suite de mon expérience au tribunal, j'estime sérieusement qu'il serait profitable pour l'ensemble de la société que cet exemple de judiciarisation inutile soit l'occasion pour les élus de l'Assemblée nationale de s'interroger à nouveau sur la vraie mission du commissaire au lobbyisme et surtout de voir à encadrer et recentrer ses attributs et ses pouvoirs.

Cette organisation, à ses plus hauts niveaux, semble avoir fait malheureusement le choix de l'intimidation au lieu de l'information afin de faire connaître son rôle. La manière dont elle agit et sa façon de voir les élus comme des marionnettes comportent des risques de dérives très élevés. 

Que l'actuel commissaire veuille faire connaître son existence encore trop anonyme auprès du grand public est une chose. Qu'il cherche à judiciariser des causes en insinuant ce qui n'a pas été ressenti de la part des élus pour y parvenir en est une autre.  

À mes yeux, cette façon de faire est inacceptable, éthiquement gênante et relève de pratiques abusives. 

Danielle Roy-Marinelli, ex-mairesse de Lévis

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer