Confusion sémantique entre partage et profit

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Dans son témoignage devant la commission parlementaire qui se penche sur le projet de loi 100, Uber souligne que «dans son état actuel le projet de loi empêche les services de co-voiturage urbain comme Uber d'opérer puisqu'il ne permet pas aux citoyens d'utiliser leur propre voiture pour offrir un mode de transport alternatif».

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Point de vue
Le Soleil

J'ai besoin de l'aide de spécialistes. Depuis quelques jours, nous voyons apparaître, dans le discours usuel de nos politiciens et autres leaders sociaux, une nouvelle expression qui, sans doute agréable à l'oreille, nous induit largement en erreur. J'appelle les spécialistes de la langue et les personnes concernées à me corriger ou à dénoncer cette utilisation non à propos si nous ne voulons pas que nos actions les plus humaines ne deviennent autre chose que des actions simplement humaines. Bien que nous acceptions qu'une langue soit vivante, elle n'en continue pas moins à s'appuyer sur une histoire et comme bien des dictionnaires l'indiquent, une étymologie. Bon, quels sont les faits?

Il s'agit, une fois de plus, du phénomène Uber et de la nouvelle économie, «l'économie du [de?] partage». Uber et autres représenteraient le «partage». Mon ignorance doit être sans doute à la hauteur des immenses pirouettes sémantiques de notre société.

Ce n'est pas du tout le sens que j'attribue au mot partage. Et tous ceux qui oeuvrent dans le bénévolat et l'entraide vous exprimeront la même chose. De plus, ces mêmes personnes vous diront qu'elles pratiquent le partage depuis belle lurette. Donc, pouvons-nous tous être dans l'erreur? J'ai consulté quelques dictionnaires et le mot partage s'inscrit davantage dans le don (donner une part), la séparation (division et répartition), la possession en groupe (partager un appartement), une forme d'humanisme (il aime partager ses repas avec...). Je n'ai pas trouvé quelque sens que ce soit faisant référence à la rétribution, le profit, le mercantilisme... Ce sens nous a-t-il tous échappé?

Je conclus donc que le profit s'insinue dans une autre sphère de notre vie sociale et ce qui pouvait être encore du simple «vivre ensemble» se transforme en quelque chose qui rejoint la logique de marché, de rentabilité... Transformer le langage dans ce cas bien précis n'est pas juste, honnête, bien que, pour certains, ce soit attrayant; ce n'est qu'une autre manière de faire des sous. Je ne sais pas si ce nouvel usage de l'expression existe ailleurs dans le monde, mais nous assistons peut-être à la même confusion savamment entretenue entre «austérité et rigueur budgétaire». Pourrait-on laisser à Uber ce qui est à Uber et aux autres, ce qui est aux autres?

Réjean Huot, Québec

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