Solution à portée de main pour SABSA?

L'approche de proximité de la clinique infirmière SABSA,... (Le Soleil, Yan Doublet)

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L'approche de proximité de la clinique infirmière SABSA, une coopérative en basse ville de Québec dont le sort est toujours incertain, est reconnue comme pertinente par nombre de citoyens, plusieurs experts et le ministre Barrette lui-même.

Le Soleil, Yan Doublet

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Le Soleil

Ne cessant de rebondir dans l'actualité depuis plusieurs semaines, le sort de la clinique infirmière SABSA en basse ville de Québec est en voie de se transformer en une véritable saga dont le dénouement est incertain malgré le fait que l'approche de proximité de cette coopérative soit reconnue comme pertinente par nombre de citoyens, plusieurs experts et le ministre Barrette lui-même.

Je ne reprendrai pas ici les positions des «protagonistes», celles-ci ayant déjà été abondamment médiatisées. Je présenterai plutôt une piste - une voie de passage - qui pourrait favoriser la conciliation des objectifs et des intérêts stratégiques de chacun pour le plus grand bénéfice d'une population vulnérable et marginalisée par la société.

Depuis plusieurs années, les établissements du réseau de la santé, en particulier les CLSC, conviennent d'ententes de services avec des partenaires autres qu'institutionnels qui oeuvrent dans le champ de la santé et des services sociaux. À titre d'exemples, il peut s'agir d'organismes communautaires, d'entreprises d'économie sociale, de centres de désintoxication ou encore de résidences privées pour personnes âgées. En gros, ces ententes formelles définissent les balises et les conditions d'exercice du contrat convenu entre les partenaires : clientèle à desservir, gamme de services à offrir, niveau de financement alloué, résultats à atteindre, modalités de reddition de comptes, responsabilités et obligations des signataires de l'entente, etc. Le principe de base de cette formule est simple : un établissement s'engage à financer les services cliniques tandis que les autres coûts de fonctionnement sont assumés par la ressource partie prenante à l'entente. Dans le réseau de la santé, on désigne cette pratique sous l'appellation «achat de services».

Il me semble qu'il y aurait avantage à envisager l'avenir de la coopérative SABSA sous cet angle. La clinique pourrait conserver son autonomie organisationnelle, continuer à opérer dans ses locaux actuels, assumer les coûts d'exploitation courants et ne pas avoir à se battre pour conserver une approche de proximité qui produit des résultats probants en termes d'accès aux services (Rapport préliminaire d'évaluation).

Récemment (Le Devoir, 6 mai), le ministre Barrette a affirmé qu'il est disposé à procéder à l'affichage de divers postes au CLSC Basse-Ville afin que cette organisation assume les services offerts par SABSA. Cet établissement pourrait fort bien utiliser cette disponibilité budgétaire pour faire un contrat d'achat de services avec l'équipe de SABSA. Ainsi, le ministre pourrait demeurer fidèle à sa logique de ne pas financer un réseau d'infirmières praticiennes parallèle à celui des GMF. Et si le ministre est à la recherche d'un précédent pour légitimer sa décision, je lui en soumets un. Il y a plusieurs années de cela, l'un de ses prédécesseurs a accordé une subvention substantielle (près de 1 M$) et récurrente - sinon renouvelable annuellement - à la fondation de pédiatrie sociale du DGilles Julien. À ma connaissance, les équipes du Dr Julien oeuvrent auprès d'une population vulnérable et ils le font en parallèle plutôt qu'en symbiose avec les établissements réseau.

En ce qu'elle suppose des compromis de part et d'autre, la voie d'un achat de services à SABSA par le CLSC ne sera probablement pas considérée comme idéale par les parties concernées. Elle a néanmoins le mérite de ne pas laisser tomber des personnes dont les conditions physique, psychologique et matérielle sont fragiles au point qu'elles les mènent tout droit à l'exclusion sociale. Ça vaut la peine d'essayer de faire converger les énergies, non?

Jean-Paul Ouellet, Québec

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