Les sages-femmes, un bénéfice pour la société

Selon une étude, le coût d'un accouchement par... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Selon une étude, le coût d'un accouchement par un médecin en milieu hospitalier est 25 % plus élevé que celui d'un accouchement avec sage-femme en maison de naissance ou à domicile.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Qu'en est-il des coûts pour accoucher au Québec? La Fédération des professionnèles (FP-CSN) et le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ) viennent de dévoiler, lors de la Journée internationale de la sage-femme du 5 mai 2016, une étude comparative sur le coût des accouchements avec des sages-femmes par rapport à ceux pratiqués par des médecins. Cette étude, conduite par la firme MCE Conseils, vient réfuter les propos tenus par un journaliste de la radio de Québec FM93 le 4 avril. Selon cette étude, le coût d'un accouchement par un médecin en milieu hospitalier est 25 % plus élevé que celui d'un accouchement avec sage-femme en maison de naissance ou à domicile. Nous avons enfin la démonstration chiffrée de ce que nous affirmons depuis de nombreuses années!

Ces coûts plus élevés sont notamment dus aux sommes allouées au fonctionnement général et aux infrastructures des hôpitaux, à la présence des médecins (omnipraticiens, obstétriciens, anesthésistes, pédiatres) et du personnel médical (infirmières et inhalothérapeutes) lors des accouchements et du suivi postnatal. Comme on pouvait s'y attendre, l'étude démontre aussi que le suivi complet- prénatal, pernatal et postnatal - coûte plus cher avec les médecins compte tenu de leur rémunération. Ceci en dépit du plus grand nombre d'heures d'accompagnement de la sage-femme pour le suivi complet de grossesse, environ 37 heures au total.

Économies substantielles pour le gouvernement

Au Canada, 26,3 % des naissances se produisent par césarienne, chirurgie la plus fréquemment pratiquée. Cette intervention coûte environ 2265 $ de plus qu'un accouchement vaginal. L'étude démontre que le système de santé canadien pourrait économiser près de 25 millions $ si le taux de césariennes était ramené à un maximum de 15 % des naissances, tel que recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. Les sages-femmes sont essentielles et incontournables pour atteindre cette cible.

L'étude indique aussi que le Québec détient la palme pour le taux de péridurale pour les accouchements, soit 71,4 %, contre 58,3 % dans le reste du Canada. Il en résulte un coût plus important pour les accouchements en centre hospitalier, et les nombreuses interventions qui en découlent, sans compter que la péridurale augmente les risques pour la santé des mères et de leurs nouveau-nés.

Si les sages-femmes suivaient 10 % des grossesses et des accouchements au Québec, comme le recommande la Politique de périnatalité 2008-2018 du gouvernement, l'État québécois pourrait épargner 2,9 millions $ par an sur la rémunération et engendrer des économies récurrentes et substantielles en frais hospitaliers. C'est là un autre constat de l'étude de MCE Conseils. Si les finances publiques sont aussi préoccupantes que le gouvernement le prétend, pourquoi ne met-il pas tout en oeuvre pour développer et soutenir cette pratique?

Bénéfices non quantifiables

Il faut évidemment souligner que les bénéfices à moyen et à long terme d'accoucher avec une sage-femme vont au-delà de ce que cette étude révèle aujourd'hui. Les sages-femmes ont un modèle de soins unique, ancré sur la continuité relationnelle et le partenariat avec les femmes et leur famille. Leur disponibilité 24 heures sur 24, 7 jours sur7, la préparation à l'accouchement et l'accompagnement tout au long du travail ont des effets bénéfiques indéniables, notamment sur la diminution des interventions médicales non nécessaires.

Les commentaires du journaliste Mathieu Boivin du FM93 ne tiennent pas la route à la lumière des résultats de cette analyse de coûts. Ces résultats s'appuient autant sur les rapports financiers des établissements de santé offrant des services de sages-femmes, et sur les rapports financiers et statistiques ainsi que les manuels de facturation de la RAMQ, que sur une revue de la littérature scientifique des dernières années.

De toute évidence, les sages-femmes contribuent à la périnatalité de manière importante, et à moindres coûts, par une offre d'excellents services à la satisfaction des femmes et des familles. Pour tout ce qu'elles apportent à la société, il est impératif que le gouvernement fasse tout le nécessaire pour promouvoir, développer et soutenir concrètement leur pratique.

Claudia Faille, présidente

Mounia Amine, vice-présidente, Regroupement Les sages-femmes du Québec

Ginette Langlois, présidente, Fédération des professionnelles

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer