Le PTP et la suprématie des intérêts privés

Des manifestants contre le Partenariat transpacifique à Atlanta... (AFP, Paul Handley)

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Des manifestants contre le Partenariat transpacifique à Atlanta en octobre dernier

AFP, Paul Handley

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Le Soleil

Le plus dérangeant et le plus inquiétant dans les traités de libre-échange qui sont présentement négociés, c'est que les compagnies transnationales, si elles se sentent lésées par des législations gouvernementales, ont le droit de poursuivre en justice les gouvernements qu'elles accusent de nuire à leurs intérêts.

Dans le plus grand secret, de nombreux pays négocient actuellement le Partenariat transpacifique (PTP) et l'Accord économique et commercial global (AECG) Canada/Europe. En 1987, c'était le premier Accord de libre-échange Canada/États-Unis (ALE), suivi, le 1er janvier 1994, par l'ALENA, l'Accord de libre-échange nord-américain, qui englobait le Mexique.

Ce sont les autochtones du sud du Mexique et leur armée zapatiste de libération nationale (EZLN) qui, les premiers, ont dénoncé avec vigueur et panache les conséquences négatives concrètes d'un tel traité sur leur vie, leurs coutumes et leur terre. Au Québec, dès le début des années 80, des groupes syndicaux et populaires avaient déjà tenté d'alerter l'opinion publique sur le danger que représentaient ces accords qui donnent priorité aux ambitions particulières des compagnies toutes orientées vers l'augmentation des affaires et des profits et qui, conséquemment, négligent les droits fondamentaux des populations concernées.

En effet, un tel pouvoir donné aux compagnies et à leurs intérêts privés met en cause la primauté des droits démocratiques des populations normalement protégées par des mesures législatives promouvant leur bien-être individuel et collectif, en même temps que la protection de l'environnement. Plusieurs gouvernements ont d'ailleurs déjà été poursuivis par des compagnies, y compris le Canada quand il a voulu protéger la santé des Canadiens, et le Québec quand il a voulu interdire un nocif pesticide produit par la compagnie étatsunienne Dow Chemicals.

Ce danger, pourtant bien réel, n'est pas suffisamment connu ni reconnu. Invitation pressante nous est faite de suivre de près ce qui se passe présentement alors que le Canada est de nouveau engagé dans des négociations pointant vers des traités avec l'Europe et avec plusieurs pays du Pacifique. Nous nous devons d'exprimer à nos gouvernements notre inquiétude devant ces traités qui vont d'abord dans l'intérêt des grands capitaux, financiers et industriels, plutôt que dans celui des populations appelées, malgré elles, à en subir les conséquences. Il faut donc manifester une forte opposition à la signature de ces traités qui soumettent aux intérêts capitalistes l'ensemble des peuples de la terre avec la complicité de gouvernements aux préoccupations démocratiques souvent douteuses.

Normand Breault, Montréal

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