COP21: n'attendons pas 2020 pour agir

La COP21 est probablement la guerre la plus... (Photo Alain Jocard, archives afp)

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La COP21 est probablement la guerre la plus sournoise et importante que l'humanité connaîtra: c'est l'homme contre mère Nature, croit l'auteur, Bobby Boucher.

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Le Soleil

(Havre-Saint-Pierre) Je suis directeur de Nova-Pro développement inc., une entreprise qui développe et commercialise principalement des produits dans le domaine de l'énergie verte.

Actuellement, deux milliards de personnes n'ont pas accès à de l'énergie pour leurs besoins de base et bientôt la demande doublera. Le changement drastique annoncé par l'Accord de Paris (COP21) exige une transition vers des énergies propres et hybrides, adaptatives et sans réseaux de distribution coûteux. Simple, fonctionnel, intelligent et répétitif, c'est le modèle d'affaires que les pays doivent adopter.

La COP21 est probablement la guerre la plus sournoise et importante que l'humanité connaîtra: c'est l'homme contre mère Nature! C'est une guerre verte! Imaginez que nos jeunes puissent aujourd'hui nous juger pour nos agissements. Nous avons une responsabilité morale indéniable sur les résultats climatiques planétaires actuels, mais aussi celle de permettre aux pays en émergence de ne pas répéter nos erreurs. La chose la plus insensée à faire serait d'attendre 2020 pour se dire: maintenant, on fait quoi?

Le Canada doit soutenir ses entreprises dès maintenant et les encourager. Je ne parle pas ici de subventions ou de crédits d'impôts lourds à gérer, mais plutôt d'achats massifs et directs de technologies vertes canadiennes. Le Canada a la possibilité de le faire, il suffit d'octroyer des contrats pour la fabrication d'unités de production d'énergie à des entreprises qui tentent d'en mettre sur le marché.  

On doit être en mesure de créer une économie moderne dans un endroit isolé à partir d'énergies vertes, et prouver qu'elle peut interagir avec les systèmes économiques modernes. Tant que l'on ne pourra pas en prouver la faisabilité, nous dépenserons de l'énergie, de l'argent et surtout du temps à tourner en rond pour rien.  

La nature nous fournit toute l'énergie propre dont nous avons besoin gratuitement, pourtant, on s'acharne à ne pas la récolter! Imaginez acheter une voiture sur cinq ans et continuer à l'utiliser ensuite pour 30 ans sans avoir à y mettre une seule goutte d'essence! Les économies réalisées peuvent être réinvesties dans l'énergie verte et satisfaire une demande croissante tout en restant vert. C'est contraire aux modèles d'affaires basés sur l'utilisation du pétrole, mais c'est totalement viable. Fournir des stations hybrides permettrait entre autres d'irriguer des champs, de traiter l'eau, d'alimenter des cliniques médicales, des écoles, de conserver des aliments, des médicaments, des vaccins... Cette approche verte permet les 1re, 2e et 3e transformations directement en zones rurales et permettrait de ralentir l'exode vers les villes par la création d'une économie locale verte et viable. Les bénéfices générés permettront d'acheter d'autres technologies vertes afin de pallier les besoins grandissants.

Comment dénouer cette problématique?

Ce n'est pas le savoir-faire qui manque aux PME, mais plutôt la liquidité, ce que n'aide pas la lourdeur administrative des programmes «d'aide». Le gouvernement devra prendre une voie rapide et encourager directement ses entreprises qui possèdent ces technologies. Utilisons les milliards de dollars prévus à la COP21 par le Canada comme levier économique interne en premier. Achetons et fournissons des produits d'énergie verte canadiens qui seront inclus dans les contributions prévues. Ainsi le Canada se donnera à court terme une bonne visibilité via des investissements faits de manière quantifiable et justifiable à l'effort dans lequel il s'est engagé dans la COP21. Ces contrats amèneront rapidement de la liquidité et permettront de consolider et de créer des centaines, voire des milliers d'emplois spécialisés aux pays tout en créant des niches technologiques vertes qui seront nécessaires dans les années à venir. 

Ces biens qui seront la propriété du gouvernement pourront être livrés via ses ambassades ou autres organismes aux pays ciblés. C'est la meilleure manière d'éviter de remplir des poches dans d'autres pays à nos dépens. Les pays qui seront structurés dans le but de respecter la COP21 seront à mon avis ceux qui s'en tireront le mieux. 

Je propose donc au gouvernement des projets pilotes via le CITEC avec lequel Nova-Pro développement pourrait démontrer la faisabilité de cette vision. Nous avons la capacité de réaliser de tels projets, mais il nous faut une volonté politique et de la liquidité, voire des contrats, via les obligations de la COP21. L'achat d'équipements n'est pas risqué pour le gouvernement surtout si nous créons et consolidons des emplois aux pays.

Dès lors, nos entreprises canadiennes auront la capacité de fournir et d'exporter ces technologies tout en maintenant des emplois chez nous. C'est ma vision d'affaires du développement Vert.

J'ai confiance au nouveau gouvernement canadien, mais ce sont nos entreprises qui lui permettront d'atteindre ses engagements. Aidons-les!

Bobby Boucher, Havre-Saint-Pierre

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