L'école de 4 à 18 ans: un projet pour le Québec

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Pour lutter contre le décrochage efficacement, il faut partir de la base, c'est-à-dire de la prématernelle, estime le chef de la CAQ, François Legault.

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Le Soleil

(Québec) Douze mille jeunes décrochent chaque année sans avoir obtenu de diplôme au Québec.

C'est un enjeu économique majeur. Le décrochage scolaire nous coûte 1,9 milliard $ annuellement. Mais c'est aussi et surtout un drame humain. Nous avons la responsabilité comme société de ne pas laisser nos jeunes passer à côté de leur avenir, sans leur offrir l'encadrement dont ils ont besoin. C'est mauvais pour eux, mais c'est aussi mauvais pour l'avenir du Québec.

Les pays les plus riches et les plus performants, qui affichent les meilleurs taux de réussite, ne sont pas restés les bras croisés face au décrochage scolaire. Ils ont adopté des mesures fortes. Depuis 2003, nos voisins de l'Ontario ont augmenté considérablement leur taux de diplomation. Comment? En investissant dans des services spécialisés et en instaurant l'école de 4 à 18 ans. C'est la tendance mondiale.

Barack Obama a exprimé la même vision dans son discours de l'état de l'Union, en 2012 : il a invité TOUS les États américains à exiger que les jeunes restent à l'école jusqu'à 18 ans - ou jusqu'à l'obtention d'un diplôme.

Pour lutter contre le décrochage efficacement, il faut partir de la base. C'est-à-dire de la prématernelle. Et accompagner les enfants à risque pour ne plus jamais les lâcher, jusqu'à l'obtention d'un diplôme.

Au Québec, les enfants qui présentent des troubles d'apprentissage ne sont pas dépistés assez tôt - quand ils sont dépistés, ce qui est loin d'être toujours le cas.

On sait que le Québec offre déjà la prématernelle gratuite à quatre ans pour les enfants dans certains milieux défavorisés. Mais ce n'est pas suffisant. Il faut que ce soit TOUS les enfants qui puissent en bénéficier.

Le gouvernement libéral a rejeté une motion de la CAQ pour se donner un plan pour mettre en place la prématernelle quatre ans partout au Québec, sur une période de cinq ans.

De 4 à 18 ans, nos jeunes doivent être suivis et encadrés. Chaque acteur de la société doit prendre sa part de responsabilité, incluant les entreprises. À l'instar de ce qui est fait en Ontario, il ne devrait d'ailleurs pas être permis pour celles-ci d'employer des jeunes décrocheurs durant les heures de cours. Ce n'est que tous ensemble que nous pourrons mettre un terme au fléau qu'est le décrochage scolaire et redonner à ces jeunes de l'espoir pour leur avenir.

L'école obligatoire jusqu'à 18 ans ou jusqu'à l'obtention d'un diplôme ne vise donc pas à obliger ceux qui n'aiment pas l'école à aimer l'école.

L'objectif est au contraire d'inciter l'école à prendre en compte les besoins des élèves. Trop de jeunes de 16 ans ont quitté l'école parce qu'ils ne se sentaient pas à leur place dans des parcours qui n'étaient pas adaptés à leurs besoins.

La formation professionnelle au secondaire offre de bonnes perspectives d'avenir. Mais on ne la valorise pas suffisamment. On préfère former des décrocheurs sans diplôme plutôt que des travailleurs avec diplôme.

Pour la CAQ, l'école jusqu'à 18 ans, ça consiste avant tout à miser sur des spécialistes pour encadrer et raccrocher les jeunes de 16 et 17 ans qui pensent abandonner. Les orienteurs et les professionnels des carrefours jeunesse-emploi ont les compétences pour redonner aux décrocheurs une perspective d'avenir. C'est pourquoi nous croyons qu'il faut donner à ces professionnels les moyens de réaliser pleinement leur mission.

Le Québec tire de l'arrière depuis 15 ans. Travaillons ensemble pour la réussite scolaire et osons l'école de 4 à 18 ans!

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

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