«Si Uber était du vin» et autres analogies boiteuses

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Pour Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, le permis de taxi n'empêche pas l'innovation, comme le prouve Téo Taxi à Montréal.

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Chers clients,

Alors que le ministre des Transports s'apprête vraisemblablement à déposer un projet de loi qui va resserrer les règles autour des transporteurs illégaux, la multinationale Uber s'achète de la publicité pour continuer de désinformer la population, dans l'espoir d'amener les citoyens à mettre une pression indue sur leur député.

Les publicités écrites d'Uber font une série de parallèles boiteux entre du vin, des voyages dans le sud et des shorts. Fidèle à elle-même, la multinationale poursuit sa désinformation milliardaire, en nous prenant, nous, les Québécois, pour des naïfs.

Dans la catégorie des analogies, nous en avons quelques-unes à offrir à Uber et aux Québécois. Ces analogies nous semblent plus justes et surtout moins trompeuses.

Publicités écrites

Si Uber était du vin, ce serait un vin vendu sans permis de vente d'alcool, sans examen de salubrité dûment accrédité et sans payer les taxes et impôts, en prétextant que les raisins viennent d'ailleurs.

Si Uber était un voyage dans le Sud, ce serait un voyage vendu sans permis de transporteur aérien ou d'agent de voyages, avec des inspections mécaniques et financières amatrices, en refusant les signaux de la tour de contrôle et sans payer taxes et impôts, en prétextant que la transaction n'a pas lieu au Canada, puisque c'est un voyage dans le Sud.

Si Uber était des shorts, ce serait des shorts faits dans des conditions misérables, en prétendant enrichir les travailleurs locaux, mais dans les faits en les exploitant afin uniquement de grossir ses comptes aux Bermudes, sans payer taxes et impôts, en prétextant que le coton vient d'ailleurs.

Si Uber était un restaurant, ce serait un restaurant qui refuse les inspections alimentaires du MAPAQ, qui refuse d'acheter un permis en prétextant ne pas être un vrai restaurant, puisque les gens commandent leur repas par l'intermédiaire d'une tablette électronique. Évidemment, ce restaurant ne paierait ni taxes ni impôts puisque les repas ne sont pas au Québec, comme les commandes passent par le nuage.

Des analogies boiteuses, on peut en faire autant qu'on en veut. Une réalité demeure : pour faire du transport rémunéré de personnes au Québec, ça prend un permis de taxi. Tout le reste n'est qu'un écran de fumée. Et ce permis n'empêche nullement l'innovation, comme l'ont démontré Taxi Coop 525-5191 à Québec et Téo Taxi à Montréal.

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Uber fait du «covoiturage urbain». C'est totalement faux. Saviez-vous que le premier nom de l'entreprise, lors de son démarrage en Californie, était UberCab? En français, ça se traduirait par UberTaxi. En France, où on connaît un peu la langue française, Uber a été condamné à 150 000 € (213 000 $) pour publicité trompeuse, pour avoir qualifié son service de covoiturage, alors que c'est clairement du transport rémunéré de personnes. 

Le «covoiturage urbain» est une licorne inventée par Uber pour dissimuler la véritable nature de son commerce illégal.

Uber fait partie de «l'économie du partage»? Faux. Tout d'abord, il existe une mode de se qualifier «d'économie du partage», même lorsqu'on n'en fait pas partie. Ça s'appelle, en anglais, le «sharewashing», où tout le monde est peinturé avec le pinceau de «l'économie du partage», sans égard pour la vérité. Ensuite, si Uber fait de l'économie du partage, le chauffeur et son passager, ils partagent quoi? Pensez-y deux secondes. La course? Non, puisque le chauffeur ne se rend pas à la destination du passager. La voiture? Non, puisque le passager ne peut pas prendre le volant, il paie uniquement le service de transport du chauffeur. Bref, plusieurs experts se sont prononcés sur Uber et l'économie du partage. Le verdict est clair : Uber ne fait pas partie de l'économie du partage. C'est donc tout simplement un transport rémunéré de personnes.

Au final, les Québécois et leurs représentants élus ont fini par voir clair à travers la désinformation milliardaire mise de l'avant par Uber. Aujourd'hui, comme ses allégations trompeuses sont de plus en plus débusquées, la multinationale sent la soupe chaude et espère encore une fois intimider le gouvernement du Québec pour qu'il cède devant une pression illégitime.

Nous disons aujourd'hui aux élus du Québec : si des milliers de personnes utilisent Uber, gardez à l'esprit que des millions de Québécois prennent le taxi chaque mois. Le taxi est légal et conforme à toutes les règles, en payant notamment ses taxes et impôts. Malgré tout le cadre légal et réglementaire en place actuellement, l'innovation demeure possible dans le taxi, comme Taxi Coop 525-5191 et Téo Taxi en ont fait la preuve.

Abdallah Homsy, porte-parole Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec

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