À propos du Sénat et des prisons

Mike Duffy quitte le palais de justice d'Ottawa.... (La Presse Canadienne)

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Mike Duffy quitte le palais de justice d'Ottawa.

La Presse Canadienne

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Point de vue
Le Soleil

Je ne ferai pas une analyse du jugement Duffy. Ma réflexion portera plutôt sur le sens de quelques mots, entre autres, «résidence principale» et «résidence secondaire» ou tout autre vocable synonyme.

Il semble que les règles et définitions adoptées par le Sénat sont confuses et peu claires. Possiblement, mais au-delà de ce qui est écrit, n'y a-t-il pas lieu de s'attendre à ce que des personnes dont le mandat est d'analyser des projets de loi, pour certains très complexes, soient en mesure de distinguer certaines subtilités de la langue d'usage courant?

Reconnaître judiciairement que monsieur Duffy n'ait pas cette capacité, tout comme certains de ses collègues par ricochet, est certainement troublant. Certains s'interrogent sur le rôle, l'importance et la nécessité du Sénat. Ne serait-il préférable de commencer par s'interroger sur le niveau intellectuel de certains de ces sénateurs appelés à remplir leurs fonctions en regard de leurs obligations parlementaires, avant de mettre en question l'institution?

Je ne veux pas dire qu'il ne faut pas s'interroger sur l'institution, mais celle-ci est d'abord et avant tout tributaire des qualités des personnes qui l'investissent tant comme sénateurs que comme fonctionnaires.

Je crois qu'il est temps que les citoyens se servent du vocabulaire que les pouvoirs publics utilisent de plus en plus, tels que dépenses inappropriées, paradis fiscal, évitement fiscal, austérité, etc., pour amorcer une réelle remise en cause non seulement des politiques sociales, mais également le mode de gestion étatique des comportements. Ce vocabulaire cache un secret de Polichinelle : la classe dominante exploite sans retenue la classe dominée qui ne se définit plus par le vocable de prolétariat, mais inclut également «la classe moyenne». Cette exploitation passe aussi par «l'ambiguïté» des lois qui ouvrent la porte aux dépenses inappropriées, aux paradis fiscaux, à l'évitement fiscal, qui font l'objet de l'actualité.

Quant à la gestion des comportements, il y a les lois civiles, comme les ordres professionnels, et le Code criminel, pour les autres. N'oublions pas que la définition de crime est une notion essentiellement politique puisque ce sont les politiciens qui décident du contenu de ce que contient le Code criminel, dans un premier temps, et que ce sont ces mêmes politiciens qui nomment les juges qui auront à interpréter le contenu de ce code criminel. Par conséquent, est-il étonnant que nous retrouvions en prison les sans pouvoir intellectuel, économique et politique, sauf à l'occasion un bouc émissaire comme Vincent Lacroix?

Rappelons-nous le scandale des commandites : qui s'est retrouvé poursuivi? Qui a été condamné? Quels sont ceux qui ont été blanchis? Réponse : les politiciens qui ont suscité le scandale en toute connaissance de cause, et dont certains sont encore au pourvoir dans des gouvernements municipal ou fédéral. «Je me souviens», dit-on.

Jean Claude Bernheim, professeur de criminologie à la retrait

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