Pendant ce temps, ils attendent et ils reculent

En raison de ressources insuffisantes, des personnes souffrant... (123RF/Maria Dubova)

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En raison de ressources insuffisantes, des personnes souffrant de déficience intellectuelle ou d'autisme voient leur situation se dégrader, souligne l'auteure.

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Le Soleil

Lettre à Madame Lucie Charlebois, Ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie

Au printemps 2013, Lydia, de Pierrefonds, a reçu un diagnostic d'autisme et de déficience intellectuelle par un pédopsychiatre, ce qui a mené à une référence vers un CLSC et un Centre de réadaptation. Elle est maintenant âgée de cinq ans, mais il aura fallu 29 mois avant que Lydia reçoive ses premiers services. Entre-temps, la situation de sa famille, d'origine immigrante et aux prises avec des problèmes de logement et d'emploi, s'est dégradée de manière sérieuse.

Jonathan, âgé de trente ans et atteint d'autisme, voit son univers bouleversé et ses services évalués à la baisse : aux prises avec des coupures, sa ressource résidentielle spécialisée vient de fermer. Il avait fallu cinq ans à ses parents pour trouver la bonne ressource et s'y adapter. Où ira-t-il?

Au même moment, à Anjou, Isabelle, une femme de 41 ans vivant avec une déficience intellectuelle, attend depuis neuf ans d'accéder à une ressource résidentielle adaptée à ses besoins, ce qui la rendrait plus autonome et soulagerait ses parents.

De son côté, Jean-François, 27 ans, présente de grandes forces en français et en mathématique. Il attend du soutien pour enfin avoir l'opportunité d'intégrer un milieu de travail. Pendant ce temps, il végète dans le sous-sol de ses parents, ce qui a pour conséquence d'accroître ses problèmes de comportement.

Les exceptions qui deviennent la norme

Vous avez lu, comme nous, les plus récents rapports du Protecteur du citoyen et du Vérificateur général. Ceux-ci prouvent que ces situations ne sont plus l'exception. En 2015, à Montréal seulement, le nombre de personnes avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme en attente d'une ressource résidentielle excède les 600. Par exemple, le temps moyen d'attente pour un service de stimulation précoce est de plus d'un an, alors que l'on sait combien chaque mois compte en bas âge.

Les intervenants pivots et les plans d'interventions, censés être à la base du système de services, demeurent des raretés. Et qui plus est, il n'est plus du tout rare que les personnes déficientes intellectuelles ou autistes, lorsqu'elles ont un travailleur social ou un intervenant, voient ce dernier changer jusqu'à deux ou trois fois par année.

Quant à la fréquence des suivis réguliers en réponse à leurs demandes pressantes, les personnes et leurs familles se font toujours relayer à la réforme suivante : «Attendez, avec les pratiques lean, nous pouvons être optimistes», «les fusions vont faciliter des services intégrés» ou encore «les coupures sont porteuses de créativité», etc.

Pendant ce temps, Madame la Ministre, des centaines de personnes vivant avec une déficience intellectuelle, l'autisme, attendent tandis que leurs vies et celles de leur famille reculent. Quels gâchis!

En appui à ces personnes et à leur famille, nous vous demandons de réinvestir dans les services à la population déficiente intellectuelle et souffrant de trouble du spectre autistique pour que cessent ces reculs et ces drames.

Marie-Noëlle Ducharme, comité régional des associations en déficience intellectuelle de Montréal (CRADI)

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