Le ravage des plateformes d'hébergement illégal

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Le Soleil

J'habite le quartier Saint-Jean-Baptiste depuis 30 ans. Durant nombre d'années, il n'était pas rare de se réunir à 10-12 voisins de notre petit bout de rue pour partager d'heureux moments de bouffe et de convivialité.

Puis est venue la mode des gîtes et autres couettes et cafés, toujours plus nombreux et qu'il fallut bien réglementer car il s'en ouvrait de façon sauvage. Nous en avons hérité à chaque bout de rue. Ce qui a commencé à diviser les gens et à endommager le tissu social. Et depuis quelque temps, c'est la porte tournante et quotidienne des touristes déferlant de manière exponentielle se rendant aux logements transformés en appart-hôtels dont deux exploités à proximité de chez moi. C'est donc dire qu'on trouve maintenant trois lieux de commerce (un des gîtes est pour l'instant fermé) sur notre bout de rue zoné... résidentiel.

Avec l'animosité et les conflits réels et potentiels que cela suppose dans le voisinage. Et s'il s'en ouvrait encore un ou deux, tant qu'à y être!?

Pas besoin de dessin pour comprendre que la convivialité d'antan en prend pour son rhume lorsque de telles décisions sont prises individuellement, au détriment de la collectivité, du vivre ensemble et au mépris de tout sens démocratique. Et pour ce qui est de la discussion, elle devient pratiquement impossible parce que trop polarisée.

Le quartier a déjà subi, répertoriée en janvier 2016 et sur la plateforme Airbnb seulement, une saignée de plus de 80 logements transformés en appart-hôtels, amputant ainsi de manière importante un parc de logements abordables, disponibles et intéressants déjà réduit à peau de chagrin, entraînant aussi de ce fait les prix à la hausse pour ce qu'il en reste. Est-ce à une multinationale milliardaire américaine de décider du devenir de notre quartier... résidentiel?

On la dit «économie de partage»! La belle affaire! La manoeuvre consiste seulement à doubler, voire tripler les revenus recueillis sur les logements. Et malheureusement, pour certains proprios, l'attrait du fric facile et vite fait est trop fort et les valeurs de collectivité aussitôt oubliées, mises de côté.

D'autant plus que le phénomène est quand même assez récent et pas encore réglementé. Zone d'ombre il y a et gouvernements et villes bougent à très petits pas. Lors de démarches à l'arrondissement et autres instances, il me fut proposé... de dénoncer, au cas par cas! Ce à quoi, bien entendu, je me refuse catégoriquement. Qui veut vivre dans une société de délateurs?

Au conseil de quartier prévu le 19 avril, il y aura information et débat sur le sujet dans le but de faire avancer ce dossier. C'est donc collectivement qu'il faut répondre à ce phénomène, faire pression pour mieux protéger les zonages résidentiels qui sont garants du respect des droits démocratiques et du savoir vivre ensemble.

René Généreux, Québec

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