Amphithéâtre: le festival des liquidités

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L'auteur de la lettre affirme que la Ville de Québec a emprunté 341 653 000 $ pour la construction du Centre Vidéotron, montant qui n'a pas été révélé à la population. Elle devra toutefois le faire devant la Commission d'accès à l'information.

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Ce serait un euphémisme d'écrire qu'entre 2013 et 2015, la Ville de Québec ne s'est rendue coupable que d'entourloupettes dans la gestion de son projet d'amphithéâtre multifonctionnel, le Centre Vidéotron. Selon le communiqué du 15 juin 2015, les coûts finaux de réalisation du projet, soit les déboursés pour les entrepreneurs, les honoraires et les frais de la Ville, se sont élevés à 370 millions$. Lorsqu'on y souligne qu'on a bouclé le budget sous la barre des 400millions $ annoncés avant le début des travaux et que tout est beau, cela titille la curiosité.

D'entrée de jeu, rappelons que les grands projets municipaux sont financés par des emprunts à long terme effectués en fin de travaux. Toutefois, pour payer les entrepreneurs et autres intervenants pendant ceux-ci, les municipalités font généralement des emprunts temporaires remboursés plus tard par l'emprunt à long terme. Mais ce n'est pas le cas à la Ville de Québec.

Lorsque l'on cherche à obtenir de cette ville des informations en dehors de ses communiqués officiels à l'égard de ce projet, l'opacité est manifeste. Mais, à force de ténacité, on peut obtenir des informations par lesquelles on constate, avec surprise, que c'est le fonds de roulement qui a servi, à lui seul, à payer toutes les dépenses de l'amphithéâtre pendant sa construction. Cela est étonnant compte tenu de l'ampleur des coûts, car, de prime abord, cela représente environ 130 millions$ pour chacune des années 2013 à 2015 sans compter les débours pour les autres travaux municipaux réalisés en même temps. Cela révèle des liquidités formidables. Dans les faits, la Ville a possédé, pendant ces années, des liquidités de 300 à 400 millions $. Cela représente 25 % à 35 % du budget municipal. Notons que l'article 569 de la Loi sur les cités et villes limite à 20 % du budget municipal la valeur du fonds de roulement d'une ville. À Québec, aurait-on ignoré cette loi?

Le fonds de roulement n'apparaît pas dans les sommaires des prévisions budgétaires. C'est une entité qui possède sa propre comptabilité et son utilisation constitue un pouvoir quasi discrétionnaire pour l'administration municipale. Lorsqu'une ville abonde de liquidités, il devient aisé de payer des dépenses non clairement définies dans les budgets, compenser des dépassements de coûts dans les projets en cours de réalisation ou utiliser ces argents à des fins politiques.

Comme on le sait, une subvention de 200 millions $ a été promise par le gouvernement de Jean Charest pour ce projet. Contrairement à ce que la Ville a montré en 2011 dans sa présentation PowerPoint pour le financement du projet, cette subvention ne constitue pas un montant forfaitaire. Elle consiste plutôt dans une contribution gouvernementale au service de la dette pendant 20 ans. Dans cette présentation, la Ville a dupé les citoyens en présentant des calculs erronés qui montraient qu'un emprunt de 104 millions sur 20 ans serait suffisant. Dans les faits, un emprunt de 341653000 $ a dû être fait. La Ville a refusé de dévoiler ce dernier montant. Elle devra le faire devant la Commission d'accès à l'information.

D'autre part, l'article 7 de la Loi sur les dettes et les emprunts municipaux exige que «les deniers provenant d'un emprunt contracté par une municipalité doivent être exclusivement appliqués aux fins auxquelles ils sont destinés». À Québec, ils sont très utiles pour regarnir, aux dépens de l'esprit de la loi peut-être, un fonds de roulement démesuré et de fondement indéterminé.

Certains diront que lorsque des administrateurs noient leur crédibilité dans la censure, c'est avec des pincettes que l'on doit prendre leurs communiqués.

Jean-Marie Desgagné, ingénieur, Québec

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