Financement incestueux des partis politiques

Dorénavant, la participation citoyenne à la démocratie se... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dorénavant, la participation citoyenne à la démocratie se limite à faire un X une fois tous les quatre ans en faveur du parti qui a réussi la meilleure pub, déplore l'auteur.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Point de vue
Le Soleil

On a salué l'exclusion des citoyens du financement des partis comme une grande avancée démocratique au Québec. Je considère que c'est la plus grande méprise et que c'est en fait un recul dramatique. Car dorénavant les partis n'ont plus à courtiser les partisans pour assurer leur financement; ils sont sur le «bras» de l'État. Et qui contrôle l'État? Ceux-là mêmes qui reçoivent les subventions. En somme un système incestueux qui tourne à vide sur lui-même.

Courtiser les partisans et leur engagement politique sous forme de contribution politique n'est plus requis des partis politiques. Leur financement est étatique. Dorénavant, l'État prélève ma contribution politique sous forme d'impôts et la redistribue aux diverses plateformes politiques déjà en place, indépendamment de mes valeurs et convictions politiques. En somme, je contribue à l'élection du Parti libéral ou du Parti québécois, même si mes valeurs sont celles de Québec solidaire, et vice versa. Les partis n'ont plus besoin des partisans pour vivre, et les citoyens n'ont plus à s'y engager, l'État s'en charge. Dorénavant, la participation citoyenne à la démocratie se limite à faire un X une fois tous les quatre ans en faveur du parti qui a réussi la meilleure pub. Ouf, comme avancée démocratique, on repassera!

Au fédéral, il en est tout autrement. À signaler que le Parti conservateur du Canada a la meilleure base de financement populaire. Pour ce faire, il entretient une communication constante avec sa base quasi mensuellement. Il recueille ainsi l'adhésion de partisans à son programme et leur contribution financière. Je m'implique, je contribue pour 300 $, et l'État donne du levier financier à ma contribution en ajoutant 700 $. C'est une formule basée sur la participation et l'implication citoyenne politique partisane, essentielle à une saine démocratie.

Au Québec, la contribution citoyenne dorénavant limitée à 100 $, sans aucun levier fiscal est non viable. Le système de communication requis pour convaincre et récolter 100 $ coûte plus cher que les 100 $ récoltés.

Le Québec a été incapable de gérer adéquatement ce système basé sur la participation citoyenne. Plutôt que de faire l'effort d'en maîtriser la gestion, il a opté pour la voie facile. Il l'a aboli simplement et l'a troqué pour un système étatique, à l'abri des citoyens. Et on a qualifié ce changement d'avancée démocratique. Dorénavant, les partis politiques déjà en place au Québec n'ont plus besoin de partisans. Les politiciens ont applaudi. Ils sont nourris par l'État, et ils sont l'État. C'est un système perpétuel qui peut tourner à vide sur lui-même.

La démocratie québécoise n'a plus à rechercher la participation citoyenne et l'establishment politique a fermé la porte à tout nouvel intrant. Il ne lui reste plus qu'à transiger en privé avec les lobbies d'intérêt et les médias. Et le citoyen dans tout cela?

Richard Carrier, Lévis

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