Le risque de la paix

En devant le premier président américain depuis 1928... (AP, Desmond Boylan)

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En devant le premier président américain depuis 1928 à se rendre en visite à Cuba, Barack Obama a pris le pari de la paix et du rapprochement.

AP, Desmond Boylan

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Point de vue
Le Soleil

Barack Obama a choisi de prendre, avec Cuba, le risque de la paix plutôt que celui de la guerre. Le premier choix demande plus de courage que le second. Et porte toujours, à terme, plus de fruits.

Dans un monde où les intérêts du «complexe militaro-industriel» (l'appellation n'est pas de moi mais du président et général américain Eisenhower) dictent le plus souvent les décisions de politique étrangère, il est terriblement difficile, même pour un homme aussi puissant qu'un président américain, d'oser choisir la paix.

Le président Kennedy, avant lui, en avait payé le prix. Durant la «crise des missiles à Cuba» d'octobre 1962, il avait osé tenir tête à ses conseillers militaires et, à l'invitation du pape Jean XXIII et de son émissaire secret, le journaliste Norman Cousins, privilégier plutôt la négociation avec l'ennemi russe et son président Khrouchtchev. Ce succès du choix de la diplomatie, suivi de la main tendue par Kennedy à la Russie dans son discours sur la paix à l'American University de juin 1963, aboutira à son assassinat, moins de six mois plus tard, le 22 novembre à Dallas (voir James Douglass. JFK et l'Indicible, pourquoi il a été assassiné, Éditions Demi-Lune, 2013).

Choisir de faire confiance plutôt que de se méfier comporte un risque. Un risque que l'Occident vient d'accepter en signant l'accord sur le nucléaire avec l'Iran. Un risque que le nouveau président Obama avait offert de prendre avec le monde musulman dans son grand discours du Caire en juin 2009, qui lui avait même valu le prix Nobel de la paix en fin d'année.

Un risque qu'Obama n'a cependant pas osé, su ou pu prendre à plusieurs reprises au cours de ses huit années à la Maison-Blanche. Mais un risque avec lequel il a choisi de «signer» en quelque sorte sa présidence, renouant par là avec les espoirs qu'avait suscités son élection.

Que le dernier jour de la visite historique du président Obama à Cuba coïncide avec le terrible attentat terroriste commis à Bruxelles par le groupe armé État islamique est un puissant symbole : quand allons-nous, pour résoudre nos nombreux, inévitables et difficiles conflits, choisir à notre tour de privilégier le risque de la paix à celui de la guerre?

Dominique Boisvert, Scotstown

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