Nous n'avons pas de leçon à recevoir de vous

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La chef du Front national, Marine le Pen

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Le Soleil

Lettre à Marine Le Pen

Madame,

Permettez-moi de vous faire remarquer que semblez ignorer certaines de nos forces majeures et de nos valeurs dominantes en matière de politique interne et de combat pour la préservation et l'enrichissement de notre langue.

Au sujet des migrants, notre situation géopolitique diffère totalement de la vôtre. D'une part, il est vrai que le déferlement d'immenses flots de migrants en Europe pose problème. D'autre part, votre passé est entaché d'un colonialisme qui vous pose problème. À titre d'exemple, la guerre que la France a menée en Algérie a endeuillé autant les familles françaises qui y ont perdu des fils que les Algériens eux-mêmes. Des rancoeurs réciproques se sont cristallisées. Lorsque des Maghrébins ont migré chez vous, vos gouvernements ne les ont pas accueillis, ils les ont parqués dans des cités.

Ici, nous avons retenu la leçon de vos erreurs. Nous accueillons les migrants plutôt que de les ghettoïser; nous sommes d'autant plus heureux de le faire lorsqu'il s'agit de réfugiés. Nous sommes convaincus que ces gens ont droit à une vie meilleure et nous leur offrons de partager la nôtre. Ainsi, ils deviennent nos amis et non pas le contraire. Au cours des dernières décennies, un grand nombre de Vietnamiens, d'Européens de l'Est, de Sud-Américains, et bien d'autres, sont venus partager nos vies. Voilà nos valeurs.

Dans un autre ordre d'idées, je cherche encore comment vous pouvez nous demander, sans rigoler, d'en faire davantage pour protéger notre belle langue française. Au Québec, il y a 50 ans, le langage était constellé de mots anglais, on allait au garage faire tchéquer le char, changer les brakes, réparer le muffler. Plus maintenant; des efforts immenses ont été consentis et le vocabulaire épuré. C'est nous, le Québec, le village gaulois, qui résistons à la marée anglophone qui nous entoure. Et jamais nous n'avons fait du shopping le weekend avec le camping car; ça, c'est chez vous que ça se passe.

Au cours de l'hiver 2010, année des Jeux olympiques de Vancouver, nous étions dans votre beau pays. Si nous avons souri en écoutant la description des parties de hockey, nous avons été outrés d'entendre vos commentateurs décrire les compétitions de half-pipe. Au Québec, nos commentateurs utilisent des expressions bien françaises et très appropriées pour décrire tous les mouvements des compétitions de «demi-lune».

Bref, en tout respect, Madame, nous tentons le mieux possible de construire notre société sur des bases positives sans semer la discorde et la pagaille.

Alors, Madame, bon vent!

Raymond Martel, Québec

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