Les pesticides et l'expansion subventionnée des monocultures

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La presque totalité des meilleurs sols québécois sont en monoculture et reçoivent chaque année pesticides et engrais minéraux, mettant en péril l'équilibre écologique.

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Le Soleil

En 1960, il y avait des vaches partout dans les champs et des truites dans le moindre ruisseau. On ne voit plus que des tracteurs dans la plaine du Saint-Laurent, transformée en monoculture, et on trouve une trentaine de pesticides (qui sont très toxiques pour les poissons) dans les rivières Yamaska, Mascouche, l'Acadie et 1600 fois la limite de chlorpyrophos dans un ruisseau d'Oka.

La présence de plus en plus grande de pesticides dans l'eau, les puits et nos aliments n'est pas due à Monsanto, qui n'existait pas en 1955 (commission Héon), mais à la politique agricole des 60 dernières années qui a remplacé les agriculteurs qui transformaient sur place l'herbe et les céréales par des monocultures et des élevages hors-sol. Ces pratiques appauvrissent les sols qui produisent les aliments pour le bétail et polluent ceux où se concentre l'élevage. L'essentiel des 500 milliards de subventions mondiales va à ces pratiques non durables.

Ottawa subventionne la production et le transport de céréales depuis plus de 100 ans dans la prairie canadienne, qui y a perdu 40 % de son humus. Communisme et capitalisme mènent aux mêmes excès. Parc d'engraissement américain de 100 000 bouvillons, ferme laitière sino-russe de 100 000 vaches nourries avec des aliments transportés sur des milliers de kilomètres.

La presque totalité des meilleurs sols québécois, même ceux des régions nordiques comme le Lac-Saint-Jean, sont en monoculture et reçoivent chaque année pesticides et engrais minéraux. Sans le soutien de l'État la monoculture était une opération trop risquée. De mauvais prix ou une mauvaise récolte et c'était la banqueroute. C'est pourquoi toutes les fermes gardaient des animaux. Le prêt agricole, les assurances stabilisation et récolte ont lancé la monoculture : pourquoi travailler 80 heures par semaine quand on peut travailler 80 heures par an?

Le plus absurde c'est que la plupart des céréales produites sont destinées à l'alimentation des animaux qui, dans le cas des ruminants, pourraient être nourris majoritairement d'herbe comme on le faisait jusqu'aux années 60, sans avoir à bouleverser le sol chaque année.

Les experts qui ont subventionné l'élimination des petits agriculteurs ici comme ailleurs n'ont pas prévu les conséquences dénoncées par les observateurs dès le début : appauvrissement et érosion des sols, pollution chimique et organique du sol, de l'air, de l'eau, dégagement d'azote et de CO2, concentration de la propriété, confinement non éthique des animaux, pillage et abandon des boisés privés, aliments débalancés, etc.

Il faudrait viser à ramener les animaux sur le sol qui les nourrit et produire des aliments plus sains de façon plus durable, notamment le lait et la viande avec de l'herbe, dans des fermes suffisamment petites pour que les animaux retrouvent l'accès à l'extérieur. Malheureusement il est probable que les experts, parlementaires et lobbyistes vont continuer à défendre leur modèle même s'il n'est pas viable ni éthiquement, ni économiquement, ni écologiquement.

Dominique Bhérer, médecin vétérinaire, Maniwaki

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