Soins infirmiers au privé, une solution novatrice

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Les auteures de la lettre prennent soin de préciser que les cliniques de soins infirmiers ne fragilisent pas le système de santé public, mais qu'elles offrent plutôt un complément pour désengorger celui-ci.

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Le Soleil

(Québec) Ces dernières semaines, différents articles sont parus dans les médias concernant les cliniques privées de soins infirmiers. En tant qu'infirmières propriétaires d'une de ces cliniques, nous nous devons de réagir à ces propos. Cette lettre s'adresse donc aux acteurs qui oeuvrent dans différentes sphères du domaine de la santé, tant au niveau politique qu'au niveau clinique.

Nous avons démarré notre entreprise et nous sommes aujourd'hui propriétaires d'une clinique privée de soins infirmiers. Mais d'abord et avant tout, nous sommes des infirmières membres de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Nous avons le devoir de prodiguer des soins de qualité, et notre préoccupation première est de nous occuper des gens en leur donnant accès facilement à des soins. Contrairement à ce qui est véhiculé, notre clinique de soins infirmiers n'est nullement une stratégie du ministre Gaétan Barrette qui sert à affaiblir le système de santé public. Nous croyons fortement que le Québec doit maintenir un système de santé public.

Nous aimerions aussi souligner que les cliniques de soins infirmiers ne fragilisent pas le système de santé public, mais offrent une solution complémentaire et permettent de désengorger le réseau public. Nous apportons une solution positive à long terme aux difficultés que le système vit présentement. Nous permettons à la population d'avoir des soins accessibles et de qualité répondant à leurs besoins. En deux ans et demi, nous avons servi 4000 patients. C'est donc 4000 patients qui n'ont pas eu recours au secteur public et qui ont permis de laisser leurs places à d'autres. Nous offrons un service complémentaire au même titre que les autres professionnels de la santé comme les nutritionnistes, les physiothérapeutes ou les orthophonistes qui oeuvrent autant dans le public que dans le privé. Nous sommes d'ailleurs très fières de promouvoir l'autonomie infirmière en innovant dans la pratique.

Savez-vous ce que l'on fait comme soins dans une clinique comme la nôtre? Nous faisons entre autres la vaccination santé-voyage et cela n'a jamais été subventionné par l'état! Est-ce qu'en tant que société, nous voulons payer les vaccins de ceux qui voyagent dans le simple but de donner gratuitement accès à tous les soins de santé? Nous offrons aussi des soins de santé peu accessibles pour lesquels il y a des mois d'attente.

Nous voulons également souligner le fait qu'au Québec, il y a 22965 médecins (inscrits au collège des médecins en date du 31 décembre 2015) et 73622 infirmiers et infirmières (inscrites au tableau de l'OIIQ en 2014-2015). Ces chiffres démontrent assez bien la fragilité du système de santé actuel. Le fait que les infirmiers et les infirmières potentialisent leur champ de pratique ne fait qu'améliorer l'accès à des soins de santé. À titre d'exemple, bien que la loi90 stipule que procéder à la vaccination dans le cadre d'une activité découlant de l'application de la loi sur la santé publique est une activité réservée à la profession infirmière, certains médecins continuent de vacciner les patients avant un voyage. Ce sont là des ressources mal exploitées lorsque le médecin vaccine au lieu de pratiquer la médecine! N'est-ce pas un fait qui fragilise le système de santé actuel?

La clinique SABSA est une bonne initiative pour la population vulnérable. Nous en convenons et nous sommes désolées que son modèle d'affaires ne parvienne pas à subvenir à ses besoins financiers. Plusieurs modèles existent sans obligatoirement se tourner vers le financement du gouvernement. Prenons exemple sur les différentes cliniques de pédiatrie sociale qui sont indépendantes financièrement et qui obtiennent leur financement par des donateurs privés et des démarches auprès de la communauté. Le gouvernement fait des choix, car le budget alloué à la santé est de plus de 40 % des dépenses totales du Québec.

Pour conclure, notre modèle de soins semble plaire à bon nombre de personnes, car il a été projeté par plusieurs instances et reconnu pour son innovation. Somme toute, monsieur et madame Tout-le-monde apprécient fortement ce genre de soins. N'est-ce pas ce que nous visons tous comme acteurs de la santé, prendre soin des gens?

Mélanie Sicotte et Marie-Ève Lachance, Clinique de soins infirmiers de Lévis

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