Québec inc.: où sont les entrepreneures?

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L'auteure de cette lettre souligne l'importance de mettre en lumière les entrepreneures du Québec, qui demeurent dans l'ombre à quelques exceptions près, dont la femme d'affaires Danièle Henkel.

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Point de vue
Le Soleil

La semaine dernière, j'ai assisté à une conférence organisée par le Barreau du Québec dans le cadre de la journée internationale des femmes, intitulée "L'ambition au féminin". L'une des conférencières, Me Kim Thomassin, nous a parlé de l'art de la négociation. Elle nous a également présenté brièvement une initiative dans laquelle elle est étroitement impliquée : L'effet A (effet-a.com).

Parmi toutes ses phrases que j'ai retenues, une m'a particulièrement marquée : l'un des objectifs de l'effet A est de mettre en lumière les femmes qui font partie du Québec inc. 

Faites l'exercice pour vous amuser : nommez dans votre tête 10 entrepreneurs masculins.

Ça vous a pris quoi, 30 secondes?

Maintenant, nommez 10 femmes entrepreneures... 

Après Danièle Henkel et Lise Watier, avez-vous manqué d'idées? 

Et si vous vous êtes rendu à 10, combien de temps cela vous a-t-il pris?

Exactement le point de Me Thomassin. Elles existent, pourtant. Elles sont remarquables, même, mais on ne les connait pas.

Le Soleil vient de publier une série d'articles sur les leaders de demain.

Il y avait 27 hommes. 

Et six femmes.

Notez bien que chaque personne dans cette liste mérite pleinement d'être soulignée. J'en connais plusieurs personnellement et certaines sont même des clients. Je ne dis absolument pas qu'il aurait dû y avoir moins d'hommes. Je dis qu'il aurait dû y avoir plus de femmes.

Car ce ratio est tout simplement épeurant.

Le journal a exposé sa méthodologie : «Pour identifier les leaders de demain, Le Soleil a fait appel à une quinzaine d'organisations oeuvrant dans le développement économique dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Nous leur avons demandé de nous suggérer des noms de fondateurs d'entreprise âgés de 40 ans et moins qui, sans être très connus du grand public, se démarquent par leur leadership et leur sens du dépassement. Les noms de plus d'une centaine de jeunes entrepreneurs ont été suggérés au Soleil. Nous avons retenu ceux qui étaient mentionnés à plus d'une reprise par les sources consultées. Nous avons ensuite validé les choix à partir des connaissances des membres de l'équipe de la section Affaires du Soleil et du jugement éclairé d'observateurs de la scène économique régionale et d'experts en entrepreneuriat.»

Cela semble effectivement rationnel, équitable, juste. Mais pourtant : une femme pour 4,5 hommes.

S'il y a si peu de femmes de la relève qui se démarquent, je crains vraiment pour les générations de futures entrepreneures.

Comment en arrive-t-on à ce résultat, que les jeunes femmes entrepreneures aient été si peu remarquées par le milieu des affaires de Québec (on pourrait même dire du Québec)? Est-ce qu'elles s'impliquent suffisamment dans ce milieu? Probablement pas, manifestement.

Mais pourquoi? Parce qu'elles ne sont pas assez nombreuses à s'impliquer, inconsciemment, elles ne se sentent pas concernées, pas les bienvenues? La raison pour laquelle il n'y a pas assez de femmes, c'est parce qu'il n'y a pas assez de femmes? On tourne un peu en rond...

Les gens n'aiment pas que l'on utilise cette expression, mais malheureusement le monde des affaires, comme la politique, est trop souvent un écosystème orienté sur le «boy's club». 

Tu fais partie de mon cercle, donc je te connais, donc je te reconnais, donc je te désigne et te récompense. Tu ne fais pas partie de mon cercle, comment veux-tu que je te connaisse?

Je le répète : on tourne en rond...

La solution? Il n'y a pas de solution miracle et unique. Je pense que tout le monde a sa part d'effort à faire.

• Les femmes devraient plus s'impliquer. Arrêter de penser en fonction de la "méritocratie" (si je suis bonne, la meilleure, les autres vont le voir, l'apprécier, et je vais en être récompensée), car si ça fonctionnait, on le saurait déjà.

• Les chambres de commerce et autres «observateurs de la scène économique régionale et experts en entrepreneuriat» doivent ouvrir leurs oeillères et les débusquer, ces femmes.

• Les médias, qui rapportent ces nouvelles, doivent aussi regarder au-delà de l'évidence et creuser. Le journalisme d'enquête en entrepreneuriat, quel métier passionnant ça doit être!

Les femmes représentent 50 % de la population et je suis profondément convaincue que l'entrepreneuriat est plus qu'essentiel pour la survie de notre économie. En ce sens, nous avons besoin que la contribution des femmes soit reconnue et qu'elles continuent, de plus en plus nombreuses, à participer à ce déploiement.

Mais pour cela, les jeunes femmes ont besoin de modèles auxquels elles peuvent s'identifier.

Je lance donc le défi à tous : démarquez-vous, remarquez-les et mettez-les en lumière!

Catherine Morissette, avocate en droit des affaires, Ex-députée de Charlesbourg et cofondatrice de La grande journée des petits entrepreneurs, Québec

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