Décès de Benoît Lacroix o.p.: occasion de réflexion sur la philanthropie

Benoît Lacroix, qui vient de s'éteindre à l'âge... (Photothèque Le Soleil)

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Benoît Lacroix, qui vient de s'éteindre à l'âge de 100 ans, était un exemple de don de soi qui mélangeait la solidarité sociale et la foi religieuse.

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Le Soleil

Il y a à peine quelques dizaines d'années, la société québécoise laissait surtout aux initiatives privées l'exercice des responsabilités en éducation et en santé. Principalement dans le cadre des communautés religieuses et du clergé.

Avec comme première ressource économique une forme de philanthropie que l'on trouverait curieuse aujourd'hui : le don de soi d'un grand nombre de personnes, gratuitement et pour la vie, sous l'inspiration d'un mélange de solidarité sociale et de foi religieuse. Ce fut le modèle vécu par le dominicain Benoît Lacroix qui vient de s'éteindre à l'âge de 100 ans.

Maintenant que ce modèle a été remplacé par le tout-par-l'État, il y a peut-être lieu de se demander si la solidarité de la génération actuelle a trouvé une façon aussi généreuse de s'exprimer. Il est permis d'en douter lorsqu'on examine et compare les statistiques de la philanthropie. Les Québécois continuent d'y faire plutôt piètre figure. La famille «à l'ancienne» laissait pour tout bien une seule et modeste ferme. De leurs huit enfants, sept se voyaient dans l'obligation de migrer, avec encouragement, parfois pression même, pour que l'un au moins consacre sa vie exclusivement au bien commun. Les familles vieillissantes d'aujourd'hui, pour la première fois dans notre histoire, laissent des biens mobiliers et financiers considérables. Il y a quelques années, le pdg de Desjardins me confiait que les cinquante mille Québécois qui meurent chaque année laissent cinquante milliards de dollars. Donc un million, en moyenne. Assez pour aider et même gâter l'enfant et trois quarts des nouvelles familles. Quel potentiel pour le développement et l'atteinte à l'excellence de nos institutions, en particulier des universités et des hôpitaux! Mais en dehors du champ des héritiers naturels, là où se définit la philanthropie, il n'est pas sûr que la générosité d'antan soit arrivée à se réinventer et à s'adapter vraiment au contexte actuel. 

Le départ de Benoît Lacroix offre l'occasion de rendre hommage à la générosité de ces personnes et des communautés qui les encadraient. Hommage particulièrement de circonstance lorsqu'on se rappelle ce que les dominicains comme lui et Georges-Henri Lévesque ont réalisé, le premier à l'Université de Montréal et le second à l'Université Laval.

Hubert Laforge, créateur de fonds de soutien muséaux et universitaires, président de la Fondation du patrimoine laurentien (dont les PP. Lacroix et Lévesque furent présidents d'honneur), Québec

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