Une dette de 650 milliards $ ?  Bof !

L'engrenage de déficits au gouvernement fédéral, endossé par... (Archives La Presse Canadienne)

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L'engrenage de déficits au gouvernement fédéral, endossé par le premier ministre Trudeau, risque de faire surtout mal aux générations futures, estime l'auteur.

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Le Soleil

C'était au temps de la grande noirceur, avant les « voies ensoleillées » de M. Trudeau. Harper, au dire de l'opposition, avait maintenu, en Papin trop rigide, la soupape de la sécurité économique jusqu'à la catastrophe. En d'autres termes, les Bleus avaient le pire dossier économique depuis la grande récession de 1920 (HuffingtonPost Québec, 6 août 2015). De minimes contractions (0,8 % au premier trimestre de 2015, et de 0,5 % au second) n'ont cependant pas produit la catastrophe annoncée. 

De plus, plusieurs indicateurs fiables révélaient le contraire. Depuis la grave récession de 2008-2009 et toutes les années subséquentes jusqu'en 2014, le Canada a eu la croissance économique la plus forte des pays du G7 avec 15,6 %, comparativement à 13,5 % pour les États-Unis qui, eux, arrivent deuxièmes. Le fardeau de la dette était le moins élevé des pays du G7 et la classe moyenne était la plus riche des pays du G20 selon une étude citée par le New York Times du 22 avril 2014).  

Et puis il y a eu l'élection « prometteuse ». Pour les prodigues libéraux  et la foule en liesse gonflée de mille promesses, finie l'obsession vieux jeu des budgets équilibrés et vive les déficits pour la relance économique. Un « petit dix milliards » de déficit par année pendant trois ans, avait-on promis. Aux orties, la réputation mondiale du Canada pour ses budgets équilibrés, et abrogée, la Loi sur l'équilibre budgétaire qui interdit les budgets déficitaires !

Mais ce lundi de février, avec la présentation des projections financières du ministre Morneau  dans une deuxième mise à jour, fait exceptionnel en trois mois, des nuages se sont pointés. Avant même le « bon ? » déficit  à venir de 10 milliards $  pour la relance miraculeuse et le coût de toutes les promesses, on nous annonce un déficit de 18,4 milliards $. Le double de celui annoncé l'automne dernier. Et un autre, de  15, 5 milliards $ pour l'année suivante. Le déficit dans le budget printanier atteindra probablement 30 milliards $.  Pour rassurer les craintifs, les jovialistes s'appliquent à nous dorer la pilule :   à  18 milliards $, c'est seulement 0,9 % du PIB canadien.  

À 25 milliards $, c'est 1,3 % du PIB, et à 30 milliards, c'est 1,5 %, des granules assurent-ils.  N'ayez crainte, contribuables inquiets, le Canada, rappellent-ils, a une très bonne cote auprès des agences de notation, on peut sans crainte encaisser des gros déficits, car la crise le commande.  Encore heureux que des gouvernements de la grande noirceur y aient vu aux cotes de crédit ! Le pays ne fait pourtant pas face à un effondrement financier mondial comme celui de de 2008-2009 (chute de 2,9% du PIB réel en 2009) qui justifiait un déficit important.  Même si l'économie ralentit, notre situation actuelle est loin d'être aussi dramatique que celle de 2009, et le train de la croissance américaine dans son 4ième trimestre (augmentation de 1% du PIB, Département du commerce) atténue notre rhume.  

L'équation déficits = stimulation de l'économie semble aller de soi pour certains. Qu'on écoute cependant des économistes nobélisés, comme Thomas Sargent, Robert Lucas, Gary Becker, Milton Friedman, et on relativisera cette équation.   La dette actuelleest  de 615 milliards $, et grossit de dix millions $ par jour : dans deux ans, elle atteindra 650 milliards $.  Au taux de 2%,  il faudra 60 ans pour nous libérer des intérêts.  Un engrenage de déficits qui risque de faire surtout mal aux générations futures. 

Messieurs Trudeau et Morneau, ressaisissez-vous, adoptez un contrôle strict des dépenses publiques courantes, et identifiez clairement des mesures ciblées de relance temporaires. Quand l'emprunt public ne fait plus que combler les déficits courants, les voies ensoleillées se sont bel et bien éclipsées.   

Romain Gagné, Québec

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