Zika: ralentir la propagation

Les moustiques qui propagent le virus pourraient migrer... (Archives AFP)

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Les moustiques qui propagent le virus pourraient migrer jusqu'au Canada, estiment les auteurs.

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Le Soleil

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient d'annoncer que la vague de cas de microcéphalie liée au Zika est une urgence internationale. En effet, l'Amérique enregistre des milliers de cas de microcéphalie chez les nouveau-nés.

Ce virus pourrait-il se manifester au Canada? L'OMS dit que non, parce que les espèces de moustiques vecteurs du virus n'existent pas au Canada. Néanmoins, les Canadiens doivent être vigilants.

Tout d'abord, les moustiques qui propagent le virus pourraient migrer jusqu'au Canada. Par exemple, Aedes albopictus est une espèce envahissante, et le changement climatique pourrait leur donner l'occasion de migrer vers le nord. Il est aussi possible qu'un moustique originaire du Canada, Aedes culex, puisse transmettre le Zika.

Les moustiques semblent être les vecteurs principaux de propagation du virus. Néanmoins, il y a aussi deux cas connus de transmission sexuelle. Le virus peut aussi être trouvé dans le sang, le sperme et le lait maternel, même après qu'un individu eut retrouvé la santé.

À cela s'ajoute le tourisme. Le gouvernement fédéral recommande aux Canadiens de faire preuve de grande prudence en Amérique latine, et plusieurs médecins conseillent aux femmes enceintes d'éviter de voyager dans les pays touchés par le virus. Sans action, cette situation perdurera.

Comme membre de la communauté internationale, la réponse du gouvernement canadien influencera la propagation du virus.

Il faut apprendre de nos erreurs. Par exemple, le Canada a choisi de fermer ses frontières aux pays touchés par l'Ebola de manière illégale sans preuves scientifiques justifiant cette action. La décision a eu peu d'effet sur le nombre de cas canadien d'Ebola, mais a entravé la distribution d'aide humanitaire.

Cette fois-ci, le gouvernement canadien doit réagir différemment concernant le Zika. Voici trois mesures que le Canada peut prendre pour empêcher la propagation du virus.

D'abord, l'extrême manque de connaissances sur cette nouvelle maladie est un des principaux obstacles. Le Canada, par ses ressources techniques et humaines uniques, peut contribuer à cette cause, comme le cas du vaccin contre l'Ebola l'a illustré.

Deuxièmement, plusieurs des pays touchés par le Zika ont des capacités peu développées de surveillance, de recherche en laboratoire et de réponses aux crises. Le Canada est fort dans ces domaines, et nous pourrions nous mettre au service de ces pays dès que possible.

Enfin, le Canada doit soutenir la seule organisation qui a l'autorité et la volonté de mener les efforts contre le Zika - l'OMS. Auparavant, notre gouvernement a encouragé une politique d'augmenter le budget de l'OMS en suivant seulement le taux d'inflation. Par conséquent, le budget de l'OMS pour répondre aux épidémies comme l'Ebola a été sévèrement réduit.

Le Canada est en partie responsable de la situation actuelle, et il doit aider l'OMS à s'en sortir. Notre pays doit jouer un rôle majeur dans la lutte contre le Zika. Il doit contribuer aux efforts en santé mondiale - sinon les effets du virus pourraient nous atteindre.

Gaëlle Groux, boursière de recherche du Centre de droit, politique et éthique de la santé à l'Université d'Ottawa

Steven J. Hoffman,directeur du Labo de stratégie mondiale et professeur de la santé mondiale et de la population à l'Université de Harvard

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