La belle saison pour moi, c'est l'hiver

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En réaction au texte «Le secret norvégien pour se réjouir de l'hiver», paru le 20 février

J' ai beaucoup apprécié la chronique de Marc Allard sur les raisons qu'ont les Norvégiens de Tromso d'aimer l'hiver, malgré la nuit polaire qu'ils subissent, d'autant plus que personnellement, j'ai toujours adoré cette saison. En effet, avec ce «maudit» réchauffement climatique, je regrette de plus en plus les hivers de ma jeunesse d'il y a 60 ans, de ces hivers où il ne pleuvait à peu près jamais, contrairement à ce qui se passe de plus en plus depuis une décennie. Ses propos ont suscité plusieurs réflexions chez moi :

Dans mon esprit, un véritable hiver en est un où il fait froid et où on n'a pas à patauger plusieurs fois par mois dans la gadoue résultant d'un temps trop doux.

Nos ancêtres québécois, du XVIIe au XXe siècle, étaient de véritables Nordiques, probablement plus que les Norvégiens, qui eux n'ont jamais eu à subir de grands froids étant donné l'influence adoucissante du Gulf Stream. Ce climat plus rude rendait probablement nos hivers plus longs et plus marqués que ceux des Scandinaves, nonobstant l'absence ici de nuit polaire.

La preuve en est que la «mauvaise saison» était vue chez nous comme la saison du repos et des réjouissances, ce qui faisait de notre peuple un authentique amant de l'hiver. Et cela d'autant plus que les Québécois d'autrefois vivaient plus directement dans leur chair la morsure du froid, eux dont les maisons et les moyens de transport ne les enveloppaient pas, comme pour nous aujourd'hui, dans un cocon bien chaud presque 24 heures sur 24.

Tout a changé avec l'ère moderne, et je crois surtout avec l'omniprésence de l'auto. Voilà le grand coupable, le «char», dont on n'est plus capable de se passer et qui nous asservit. Nous en sommes devenus tellement dépendants, si ce n'est intoxiqués, que la moindre contradiction climatique nous met en rogne en nous faisant craindre les embouteillages interminables, les pannes, les enlisements, les accrochages, les sorties de route, les remorquages, etc.

C'est ainsi que s'explique, selon moi, le fait qu'aujourd'hui, une simple chute de neige est trop facilement qualifiée de tempête, si ce n'est de énième tempête du siècle, et provoque la fermeture des écoles alors que dans les années 50, 60 et même 70, tout le monde se serait rendu à sa classe parce que les bourrasques à cette époque n'empêchaient jamais les jeunes de marcher jusqu'à leur école.

Autrefois, une tempête de neige était synonyme d'au moins une trentaine de centimètres de nouvelle neige accompagnée de vents très forts. D'autre part, le déglaçage des routes avec des montagnes de calcium rend tout l'environnement tellement sale, et même noir lorsque par malheur il se passe trop de temps avant qu'une nouvelle neige vienne tout blanchir, que nos hivers en milieu urbain ne sont plus blancs et lumineux, mais plutôt «dégueu», ce qui rend plus difficile de les aimer.

Est-ce que le fait que les Européens en général, et les Scandinaves en particulier, soient généralement moins asservis à l'auto que les Nord-Américains expliquerait aussi un peu qu'il leur soit plus facile d'aimer l'hiver que ça ne l'est devenu pour nous?

Michel Renaud, Québec

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