Consolider notre leadership dans l'aérospatial

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Le soutien de 1,3 milliard $ que le gouvernement provincial a annoncé dans le développement de la CSeries est un geste concret voué à consolider ce projet pour lequel, à ce jour, travaillent près de 2000 employés au Canada, dont 1700 seulement au Québec, souligne l'auteur.

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Le Soleil

Lettre au ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Singh Bains

À quelques semaines de l'annonce du prochain budget fédéral, il nous apparaît urgent de revenir sur la situation critique du secteur aéronautique canadien dans le contexte économique actuel.

Les gens de l'industrie aérospatiale le savent bien : le développement de nouveaux avions requiert d'importants investissements, les cycles de production sont extrêmement longs et les retours sur investissement sont obtenus seulement après plusieurs années de recherche. De plus, les acteurs de ce secteur doivent composer avec un marché mondial que les joueurs ne se disputent pas sur un pied d'égalité, car ils font face à la concurrence tant des géantes multinationales que des gouvernements.

En fait, le soutien gouvernemental peut prendre différentes formes. Prenons les deux principaux constructeurs : en Europe, Airbus bénéficie de subventions pour ses programmes de recherche et développement et d'aides dans le démarrage de nouveaux avions, et les gouvernements détiennent plus que 25 % des parts; aux États-Unis, outre des financements en R et D, Boeing bénéficie aussi d'un mélange de mesures d'exemption fiscale. Sans compter les contrats militaires dans ces pays qui permettent d'amortir plusieurs dépenses des avionneurs.

Le secteur aérospatial est hautement névralgique pour la prospérité et la compétitivité globale du Canada. Ici, il regroupe plus de 700 compagnies réparties sur l'ensemble du territoire, soutient près de 180000 emplois et contribue annuellement au PIB pour 29milliards $. C'est énorme. Et ce, sans compter l'impact qu'il produit sur une chaîne étendue de fournisseurs et de PME qui gravitent autour. Mais ce secteur est aussi une figure de proue dans l'innovation : chaque année, des sommes considérables sont investies en R et D, soit environ 1,8 milliard $ ce qui équivaut en moyenne à cinq fois plus que dans le manufacturier. Enfin, il participe grandement au marché de l'exportation, car près de 80 % de la production globale est vendue sur les marchés étrangers.

Parmi le lot, Bombardier est une pierre angulaire. En terme d'impact économique, l'entreprise québécoise contribue toute seule pour 12,4 milliards $ au PIB du Canada, soit 0,7 %, soutient plus de 60 000 emplois d'un océan à l'autre et engendre près de 1,3 milliard $ en revenus d'impôts. Mais son leadership et sa santé financière à long terme sont tributaires du succès de la CSeries, qui vont permettre au Canada de se démarquer véritablement sur la scène mondiale. Le soutien de 1,3 milliard $ que le gouvernement provincial a annoncé dans le développement de la CSeries est un geste concret voué à consolider ce projet pour lequel, à ce jour, travaillent près de 2000 employés au Canada, dont 1700 seulement au Québec.

C'est maintenant au gouvernement fédéral de faire le prochain pas. Les investissements dans ce fleuron sont aussi nécessaires qu'ils l'étaient en 2009 quand un plan de sauvetage de 13,7 milliards $ avait été mis en place par les deux ordres de gouvernement pour sortir GM et Chrysler de la faillite. Est-ce que cette aide a eu le succès escompté? Sûrement pas autant qu'espéré. Mais rappelons, et ce n'est pas négligeable, que sans ce soutien, les conséquences dans le secteur de l'automobile auraient été encore plus désastreuses et que c'est toute l'économie canadienne qui en aurait écopé.

Il est donc stratégique, pour la santé de tout le secteur aérospatial, qu'Ottawa investisse dans le développement de la CSeries au même titre que Québec. Cela permettra de donner de l'oxygène à Bombardier et à assurer la pérennité de nombreux fournisseurs de services qui participent à la mise sur pied de ce programme, ainsi qu'à consolider des emplois de qualité. L'engagement du gouvernement fédéral est nécessaire si l'on veut véritablement donner des ailes à ce projet structurant, aussi capital pour l'essor de l'industrie aérospatial que pour l'économie du Canada tout entier.

Monsieur le ministre, le Conseil du patronat de Québec (CPQ) estime que les circonstances justifient pleinement, au bénéfice de tous les Canadiens, que votre gouvernement fasse du soutien au secteur aérospatial en général, et de Bombardier en particulier, une priorité si l'on veut continuer de pouvoir compter fièrement parmi les grandes économies mondiales, soucieuses de préserver la compétitivité de leur tissu industriel.

Soyez assuré du soutien du CPQ dans vos démarches.

Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du Conseil du patronat de Québec

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