Guantánamo : territoire cubain occupé légalement

Selon l'auteur, Barack Obama ne parviendra pas à... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Selon l'auteur, Barack Obama ne parviendra pas à fermer la controversée prison de Guantánamo avant la fin de son mandat à la présidence américaine.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Le 24 février dernier, Martin Movilla a publié «La fermeture de Guantánamo, un sujet délicat pour Cuba». Dans cet article, le journaliste cite les propos d'Esteban Morales, directeur émérite du Centre d'études sur les États-Unis de l'Université de La Havane, qui considère que les États-Unis occupent illégalement le bout de terre sur lequel se trouve la base militaire de Guantánamo.

N'en déplaise à cet expert communiste cubain, les États-Unis occupent cette enclave de 117 kilomètres carrés en toute légalité. Pour le comprendre, il faut remonter à la fin du XIXe siècle. À cette époque, le pouvoir de l'Empire colonial espagnol s'effrite un peu partout à travers le monde incitant ainsi les Cubains à prendre les armes pour tenter de s'affranchir de la métropole européenne qui répond par une sévère répression. Le président américain de l'époque, William McKinley, tient tête à une opinion publique de plus en plus favorable à une intervention militaire contre l'Espagne. Il doit pourtant s'y résoudre après l'explosion du l'USS Maine, un navire militaire américain se trouvant dans le port de La Havane. Bien que la lumière n'ait jamais été faite sur la part de responsabilité de l'Espagne dans cette affaire, la résultante en est le déclenchement de la Guerre hispano-américaine (1898), une guerre à sens unique de 10 semaines à la faveur des États-Unis.

S'ensuit une occupation militaire de quatre ans, soit jusqu'à ce que les autorités cubaines acceptent d'intégrer les dispositions de l'Amendement Platt au sein de la nouvelle constitution cubaine. Parmi les dispositions, les autorités cubaines consentent à vendre ou à louer un territoire pour permettre aux États-Unis de construire soit une base navale, soit une station de ravitaillement de charbon pour les navires américains. Ce petit territoire américain sur l'île cubaine ne fait pratiquement pas parler de lui jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, où ce qui est devenu une petite base militaire ne jouera qu'un rôle mineur dans l'effort de guerre.

L'année 1934 fait cependant figure d'exception. Lors de la présidence de Franklin Delano Roosevelt, plusieurs clauses de l'Amendement Platt sont abandonnées. En revanche, celles concernant la base de Guantánamo sont renouvelées sous la forme d'un traité signé entre les deux pays prenant la forme d'un bail perpétuel qui ne peut être annulé que par un accord mutuel des deux pays. Cet accord prévaut toujours aujourd'hui, peu importe ce qu'en dit le régime communiste cubain.

Malgré toute la détermination affichée par Barack Obama à fermer la prison de Guantánamo dans le peu de temps qui lui reste à la Maison-Blanche, il n'arrivera pas à compléter sa quête entreprise en 2009. En effet, le Congrès à majorité républicaine a promis de lui mettre des bâtons dans les roues comme dans le dossier de la nomination d'un nouveau juge à la Cour suprême. Les républicains croient fermement en la nécessité de cette prison mise en place par George W. Bush en 2002. Il apparaît hautement improbable qu'Obama puisse les convaincre du contraire. Et encore, il restera la question de la base militaire une fois le dossier de la prison clos.

Jean-François Conroy, historien, Lévis

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer