Le dernier Salon de Pascale

Le Salon Carrière Formation de Québec... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Salon Carrière Formation de Québec

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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Le Soleil

Il y a de ces gens qui donnent avec la seule récompense de voir la lumière jaillir des êtres qu'ils ont choisi d'aider. Pascale Clément a vécu ainsi durant 57 ans, à la barre de son « beau salon » comme elle le nommait avec affection.

À travers une carrière anonyme, elle a pourtant changé la vie de bien des gens. Un petit calcul rapide : pendant 15 ans, Pascale Clément est intervenue directement dans la vie de plus de 195 000 personnes qui ne la connaissaient pas. Elles ont franchi par milliers les tourniquets du Salon Carrière Formation de Québec où elle rassemblait des centaines d'exposants pour les aider à trouver leur voie professionnelle. La profession de Pascale Clément, au-delà de diriger le plus gros salon du genre dans l'est du Québec, était en fait celle de cultiver le bonheur au travail. Pour tous, sans exception.

Le 4 février dernier, cette battante au grand coeur, cette dévouée du monde de la formation et de l'emploi, a laissé sa courte vie aux soins intensifs de l'IUCPQ à la suite d'une chirurgie cardiaque. L'intervention comportait certains risques, bien sûr, mais jamais autant que la triste histoire nous l'aura appris. 

La veille, elle avait pris soin de faire appeler ses partenaires par sa collègue pour leur transmettre le message suivant : « Ne vous inquiétez pas là, on va regarder les contrats à mon retour, je veux simplement que vous gardiez du temps pour mon salon... » 

C'est la même Pascale Clément qui expédiait des boîtes de chocolats à ses collaborateurs en plein événement pour les remercier de contribuer au Salon, alors qu'elle s'activait à faire rouler une énorme machine événementielle au Centre de foires de Québec.  

Sa réputation auprès des joueurs du monde de l'éducation et du secteur économique n'était plus à faire. « Pascale était une femme remarquable, une femme de défis, ayant du caractère et avec qui il était agréable d'échanger. Travailler avec elle fut pour moi un honneur, la connaître a été un beau hasard de la vie. On perd une très bonne personne », a souligné M. Pierre Dolbec, président de Dolbec International et de la Corporation des parcs industriels de Québec, qui a collaboré avec Pascale Clément et Emploi Québec à circonscrire l'enjeu des besoins en main-d'oeuvre dans la région de Québec. 

Des embûches 

Pascale a géré une équipe minuscule toutes ces années, référant à elle-même plus souvent qu'à son tour. Hélène Pelletier, Alexandre Meca puis Julie Bergeron ont partagé son quotidien au fil des éditions passées. Bien que soutenue par quelques collaborateurs temporaires et un c.a. bien actif, elle s'est trop souvent retrouvée seule au quotidien devant des impasses qui remettaient la qualité de « son Salon » en jeu. Elle a encaissé le désengagement financier quasi complet de l'État, puis les restrictions budgétaires des exposants et des commanditaires, mais jamais elle ne s'est permis de rester le genou au sol très longtemps. Jamais. 

Pas question non plus de faire payer l'entrée aux visiteurs. Il n'en était pas question. C'était un investissement collectif que de leur donner accès à une carrière à leur goût. 

Les étudiants, les immigrants et les retraités qu'elle aidait à trouver une nouvelle voie professionnelle comptaient par-dessus tout, et ce, sans distinction, sans préjugé.  

À l'occasion des obsèques de Pascale Clément, le 15 février dernier, un hommage vibrant prononcé par son ex-collègue Hélène Pelletier a ébranlé les convives entassées dans la petite église de Cap-Rouge. « Elle n'aura jamais eu la reconnaissance qu'elle méritait », a-t-elle dit. 

Trop de gens comme Pascale donnent et laissent des parties d'eux-mêmes en l'honneur d'une cause sans jamais attendre quoi que ce soit en retour. Son décès rappelle la valeur de ces êtres engagés à qui on devrait dire plus souvent à quel point ce qu'ils font compte pour nous, comme individu ou comme collectivité.

J'ai travaillé aux communications du Salon aux côtés de Pascale Clément ces six dernières années. J'ai découvert une personne qui m'était tout naturel de soutenir, qui gardait la foi dans les revers comme les changements inattendus. Ne serait-ce que pour cette force incroyable, la côtoyer était un privilège.   

Le Salon 2016 aurait peut-être été son dernier salon avant une retraite méritée et planifiée avec John Keyes, son amoureux de toujours, lui aussi un battant du monde de l'éducation, qui aspirait simplement à déposer les armes. Mais les plans ont changé...

Une petite armée s'engage désormais à relever le défi de poursuivre l'oeuvre de Pascale Clément en mettant sur pied un Salon à la hauteur de la femme qui l'a porté à bout de bras pendant si longtemps. Parce que sa cause est encore bien vivante. 

Annie Fernández 

Présidente,

Fernández Communication

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