Beaucoup plus coûteux que prévu

Un million de Chinois meurent de la pollution... (AP, Andy Wong)

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Un million de Chinois meurent de la pollution chaque année.

AP, Andy Wong

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Point de vue
Le Soleil

Contrairement à ce que certains voudraient bien croire, il en coûtera beaucoup plus cher de réduire sensiblement la consommation d'énergie que de ne pas la réduire.

Ainsi, la production agricole sur un territoire donné est extrêmement variable d'une année à l'autre (écart-type de l'ordre de 40 à 60 % selon les productions et les pays en me servant des données disponibles sur FAOSTAT). Pour pallier ce problème, les pays échangent environ 20 % de la production mondiale chaque année. Et l'on s'assure d'avoir en réserve environ 20 % de plus de nourriture qu'il nous en faudra pour se rendre à la prochaine récolte. Maintenant, si nous adoptons les récoltes bio (-35 % de rendement par hectare), l'alimentation locale, tout en restreignant l'utilisation de machinerie agricole (celle-ci permet à un agriculteur de planter plus pour compenser une année de moindre production mondiale), que se passera-t-il? Une hausse de la malnutrition, des décès et des prix. Il ne faut pas sous-estimer ce problème. Historiquement, la France a connu deux épisodes bien documentés de famines, en 1693-1694 et en 1709, qui lui ont coûté 10 % de sa population alors que c'était déjà un des pays les plus avancés du monde. Déjà là, on devrait dépasser la fameuse étude du FMI de mai 2015 selon laquelle les hydrocarbures nous coûtaient 5300 milliards de dollars par an en inconvénients. J'ai cherché à voir cette étude, histoire de savoir sur quelles hypothèses elle s'appuyait, mais je ne l'ai pas trouvée. Sauf grave erreur de ma part, cette «étude» n'est qu'une conclusion tonitruante, sans rien dessous. Par exemple, on dit qu'un million de Chinois meurent de la pollution chaque année. De l'autre, on sait que plus de 50 % de la population chinoise adulte fume. Est-ce qu'on a pris soin de faire une distinction ou non? Parce que même si on élimine la pollution sans éliminer la cigarette, la baisse de mortalité sera probablement bien moindre que un million.

Le reste est à l'avenant. On oublie que c'est grâce à l'énergie qui nous rend si productifs que l'on peut libérer des gens pour en soigner et en éduquer d'autres, de même que l'on peut se permettre d'obliger les jeunes d'aller à l'école. Les pauvres, même si les sommes directes qui leur sont données ne sont pas énormes, ont quand même accès à l'ensemble des services gouvernementaux payés à même la productivité amenée par l'énergie. Ce qui fait que leur niveau de vie est encore beaucoup plus élevé que ce qu'il devrait être selon nos grands penseurs. Et pourtant, ils y laissent 10 ans d'espérance de vie...

Certes, on me parlera de recyclage, d'éviter de faire des déchets et de ne pas gaspiller la nourriture, mais parce qu'il y a beaucoup de problèmes avec les hypothèses sous-jacentes, ça ne devrait pas changer grand-chose. Ainsi, la mise en vente par IGA l'été dernier de légumes moins beaux a certes sauvé 2,5 tonnes de fruits et légumes, mais comme ils en vendent entre 100 000 et 110 000 tonnes pendant la saison estivale, cela ne changera rien pour tout le tatouin qu'on a fait autour de cela. (https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Bottin_statistique_alimentation.pdf)

Aussi, il est question de favoriser les fruits et légumes en serre pour manger plus local. S'il est vrai qu'on sauverait 7 tonnes par 30 tonnes de végétaux transportés, chauffer les serres au gaz naturel émettrait 135 tonnes et si l'on permettait de les chauffer à l'électricité, les quantités nécessaires devraient être partiellement importées de l'Ontario et des États-Unis, où l'on en produit une bonne partie avec du gaz ou du charbon (É.-U.). Le résultat serait là aussi une hausse des émissions. Les données que je possède sont trop grossières pour pouvoir chiffrer assez exactement les émissions, mais déjà sans augmentation des importations, je dépasse un peu les 8 tonnes en moyenne.

Certes, ce serait beau de pouvoir simplement éliminer le CO2, voire l'énergie, les produits chimiques, alouette, mais le problème est que le coût de cette élimination dépasse généralement l'avantage de les garder. Le mieux que l'on peut faire est de minimiser l'ensemble des coûts, mais la recherche d'absolu de certains représente aussi un danger certain pour l'humanité.

Carl-Stéphane Huot, Québec

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