Comités de parents: simulacre de démocratie

La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) tient son congrès en fin... (Archives Le Soleil)

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La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) tient son congrès en fin de semaine [dernière]. À ce moment, nous connaîtrons sa position officielle par rapport au projet de loi 86, qui revoit l'ensemble de la gouvernance dans nos écoles primaires et secondaires.

Je dis bien la position «officielle» de la FCQP, car on sait déjà officieusement qu'elle appuie la volonté gouvernemen­tale de mettre fin aux élections scolaires par suffrage universel et de donner plus de pouvoirs au ministre de l'Éducation. 

Pour être honnête, je devrais dire que la FCPQ appuie la volonté du ministre de faire une plus grande place aux parents dans le processus décisionnel concernant le réseau scolaire au Québec. Mais en refusant de faire le débat sur l'ensemble du projet de loi 86 et en donnant son aval à cette dernière volonté, que j'appuie par ailleurs, la FCPQ donne son appui tacite à l'ensemble de cette réforme sans pour autant avoir consulté démocratiquement les parents ou encore les comités les rassemblant dans chacune des commissions scolaires.

Certes, la FCPQ a organisé des séances d'information (et non des débats) et sondé quelques centaines de parents, sur les dizaines de milliers à l'échelle nationale, à l'aide d'un questionnaire sur Internet, mais on ne peut qualifier cela de consultation, et encore moins de l'avis des parents du Québec.

Tout d'abord, les commissions scolaires ont interdit aux directions d'écoles de faire parvenir le sondage à l'ensemble des parents par l'intermédiaire des listes courriel de chacune des écoles. En ce sens, la Fédération des commissions scolaires est tout aussi coupable d'avoir contribué à ce simulacre de démocratie. 

Ensuite, le comité de parents, dont je fais partie, semble maintenant prendre comme position officielle le résultat de ce sondage réalisé auprès de 100 parents de la Commission scolaire de la Capitale-Nationale, en lieu et place de la résolution débattue et adoptée par l'Assemblée générale du Comité de parents de cette même commission scolaire, pas plus tard qu'en juin dernier. Cette résolution exprimait la volonté des parents de conserver le suffrage universel tout en accordant aux parents plus de place.

Face à tout cela, je ne peux m'empêcher de penser que l'appui au projet de loi 86 qui ressortira du congrès de la FCPQ sera à tout le moins aussi factice que la supposée consultation qu'elle a organisée pour faire valider cette position qui semble avoir été décidée en haut lieu au lendemain même de l'annonce du projet de loi en décembre dernier.

Dans le débat actuel sur la démocratie en milieu scolaire, avant même de déterminer comment cette même démocratie devrait s'appliquer, c'est tout le processus lui-même pour y parvenir qui est faussé. Si nous souhaitons convaincre le gouvernement de décider avec et pour la population, dans l'intérêt supérieur de nos enfants, ne devrions-nous pas nous-mêmes donner l'exemple en réformant nos propres façons de faire à la Fédération, laquelle est censée parler en notre nom?

Stéphane Lessard, Québec

L'auteur est parent d'un enfant fréquentant l'École Cardinal-Roy de Québec et est vice-président du Comité de parents de la Commission scolaire de la Capitale-Nationale

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