L'expérience nordique d'une enseignante

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L'auteur de ces lignes a vécu sa première année d'enseignement à l'école Iguarsivik à Puvirnituq l'année dernière.

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Le Soleil

(Québec) En réaction à l'article «Séjour d'horreur dans le Nord», je tenais à partager ce que j'ai vécu en tant qu'enseignante.

J'ai vécu ma première année d'enseignement à l'école Iguarsivik à Puvirnituq l'année dernière. Année pendant laquelle nous, les enseignants, avons dû tirer la fameuse sonnette d'alarme à la commission scolaire Kativik pour recevoir de l'aide.

J'ai vécu la fermeture de l'école causée par la violence présente ainsi que la suspension de plusieurs élèves.

Je ne vous mentirai pas, nous en avons vu des «vertes et des pas mûres» et les ressources sont incroyablement manquantes pour aider les enseignants et les élèves.

C'est triste, mais c'est ça enseigner dans le Nord. C'est faire notre possible tous les jours pour que les enfants inuits reçoivent une bonne éducation. C'est donner tout ce qu'on a pour qu'ils vivent des réussites et qu'ils soient fiers.

Dans l'article de M. Piedboeuf, Michael Cloutier mentionne: «On m'avait vendu que j'allais aider ces gens à sortir de la misère. Mais ils ne voulaient pas que je les aide. Ils m'ont remercié avec un couteau et un fusil.» J'ai pourtant vécu tout le contraire.

Lorsque je suis arrivée à Puvirnituq en août 2014 avec mes collègues, les gens nous serraient la main à la coop et nous disaient: «Make yourself at home».

Lors d'une réunion avec la communauté pour discuter des problématiques présentes à l'école, les parents nous remerciaient d'avoir mis nos «vies du Sud» sur pause pour venir enseigner à leurs enfants.

Des événements malheureux arrivent probablement dans le Nord, tout comme au sud d'ailleurs, et je suis d'accord avec le fait qu'ils doivent être dénoncés. Toutefois, il ne faut pas généraliser. Le peuple inuit est un peuple chaleureux et accueillant.

Michael Cloutier était probablement mal informé sur les services disponibles à Puvirnituq, car il y a un hôpital ouvert 24 heures sur 24, et il aurait pu recevoir les soins nécessaires pour soigner sa blessure.

En ce qui concerne l'eau, il arrive que le camion ne puisse pas passer. Il faut en effet appeler à la municipalité lorsque nous en manquons.

La gestion de l'eau fait partie de la réalité nordique, mais les gens travaillent fort pour que personne n'en manque. Mes collègues et moi nous sommes toujours très bien débrouillés. On se dépannait entre voisins lorsque nécessaire.

Mes huit mois passés à Puvirnituq vont rester gravés à jamais. Je n'ai peut-être pas changé le monde et je n'ai probablement pas sorti tous mes élèves de la misère, mais j'ai vécu des réussites et je garde une image positive de cette communauté accueillante.

Je suis fière d'y être allée. Je lève mon chapeau à mes amis qui y sont encore et j'encourage ceux qui ont un intérêt pour le Nord à foncer.

Personnellement, j'en conclus que Michael Cloutier n'a pas dû vivre que des expériences négatives pour être resté là-bas pendant huit mois...

Catherine Michaud Lavoie, enseignante suppléante

Québec

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