Carnaval de Québec: une occasion à saisir

Selon Martin Roy, pdg du Regroupement des événements... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Selon Martin Roy, pdg du Regroupement des événements majeurs internationaux, les problèmes que vit le Carnaval jettent à nouveau la lumière sur la fragilité de l'industrie événementielle.

Le Soleil, Erick Labbé

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Le Soleil

Les remises en question qui touchent le Carnaval de Québec en ce moment constituent une occasion stimulante de renouvellement qui pourrait amener l'un des plus anciens rendez-vous québécois - et ses semblables - à un niveau supérieur.

Aux phases d'exploration et d'implication initiales succèdent des périodes de développement, de consolidation et de stagnation, dans un modèle qui a fait école en tourisme (Butler, 1980). Il n'y a pas là matière à s'alarmer, pas plus qu'à mettre la clé sous la porte, comme le suggèrent certains. Il faut plutôt, comme le fait actuellement la nouvelle équipe, entamer une intense réflexion, un effort de renouvellement et de rajeunissement afin d'éviter un déclin, pour renouer avec le développement et la croissance.

Une partie des problèmes financiers qu'a vécus le Carnaval récemment sont en lien direct avec la météo qui, dans la précaire industrie événementielle, peut transformer en quelques jours un surplus en déficit. À cet égard, l'hiver 2015, l'un des 20 plus froids que nous ayons connus depuis 1880, a donné du fil à retordre à l'organisation et incité les carnavaleux locaux à rester chez eux. Autant de revenus perdus.

Bien sûr, les gens de Québec demandent à être à nouveau séduits et surpris par la programmation elle-même. C'est vrai que le virage familial amorcé à la fin des années 90 a aussi laissé en marge quelques clientèles, dont les jeunes. Peut-être a-t-il assagi, aplani cette grande fête de l'hiver au point de ne plus intéresser tout un pan de la population.

À Montréal, le succès d'Igloofest qui, sur 12 soirs, vendra sans doute plus de 80 000 billets dont 60 % aux 18-25 ans, a de quoi inspirer. L'événement spécial qui sera présenté le 13 février prochain à Québec devrait confirmer l'engouement pour ce type d'activité, tout comme le fait déjà la soirée du 31 décembre, devenue un incontournable dans la capitale. Puis, à voir l'engouement que suscite la téléréalité dans ce créneau particulier, peut-être y a-t-il lieu d'ajouter des ducs aux duchesses et de ne couronner, à la façon d'Occupation double, rien de moins qu'un couple royal? La population doit être invitée à retourner toutes les pierres avec en tête cette paraphrase à la JFK : «Ne vous demandez pas ce que le Carnaval peut faire pour vous; demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le Carnaval».

Enfin, pour améliorer le «produit», il faudra que tous les ordres de gouvernement mettent l'épaule à la roue, tout en se gardant de dicter des choix de programmation, comme cela a trop souvent été le cas.

À Ottawa, les nouvelles ministres du Tourisme et du Patrimoine auront à ramener le gouvernement fédéral au dossier des événements. La fin de l'intervention directe, en 2011, a amené les grands rendez-vous dans une situation de précarité. Les membres du RÉMI ont enregistré, en 2013, un déficit moyen de 1,1 %. La plus grande part de l'aide fédérale vient pour le moment de Développement économique Canada et ne doit servir qu'à la commercialisation. Or, il faut aussi des sommes pour ce «produit», à savoir notamment la programmation, le coeur même de l'événement.

À Québec, la nouvelle ministre du Tourisme, Julie Boulet, hérite aussi de défis importants. Le Programme d'aide financière aux festivals dispose en gros de la même somme depuis sa création il y a 10 ans, même si l'industrie s'est développée à vitesse grand V, même si le nombre d'événements s'est multiplié au Québec, tout autant que les retombées économiques engendrées. 

Les problèmes que vit la fête de Bonhomme jettent à nouveau la lumière sur la fragilité de l'industrie événementielle qui, tout en étant très payante, regroupe de nombreux «géants au pied d'argile». L'occasion de consolider et de développer le Carnaval - et toute l'industrie événementielle - se présente : saisissons-la!

Martin Roy, président-directeur général, Regroupement des événements majeurs internationaux, Montréal

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