Le hors-la-loi Uber!

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AFP, Andrew Caballero-Reynolds

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Le Soleil

Le RTAM (Métallos) dépose une requête en injonction permanente contre Uber. Que peuvent faire les chauffeurs de taxi puisque le gouvernement du Québec ne fait même pas respecter ses propres lois, acceptant qu'une compagnie pirate ne paie pas d'impôt, ni TPS ni TVQ et que la plupart des chauffeurs travaillent sans assurance adéquate en ne s'acquittant pas de leurs impôts?

Imaginons que demain matin une multinationale ouvre un bar sur la Grande Allée à Québec, mais refuse d'obtenir un permis, ne charge ni TPS ni TVQ à ses clients et ne paie pas ses impôts, mais que la population aime l'endroit, car cet établissement utilise les derniers gadgets. Que ferait le gouvernement? J'imagine ou j'espère que cet endroit serait fermé vite fait. Cependant, on peut en douter compte tenu de leur inaction face à Uber.

On nous vante la nouveauté, la modernité d'Uber. Si je comprends bien, il s'agit de chauffeurs qui conduisent des clients d'un point A à un point B contre rémunération, rien de plus. C'est ce qu'on appelle du taxi, ça existe depuis très longtemps, aucune nouveauté là-dedans. La seule différence, c'est que la commande de la voiture se fait avec un téléphone intelligent et que le paiement est débité directement de votre carte de crédit... Sauf que tout se fait dans l'illégalité en encourageant le travail au noir. Les lois sur le taxi ont été instaurées parce que, à une époque, c'était le Far West dans l'industrie du taxi. Sommes-nous en train de retourner à cette époque?

Si le gouvernement continue à ne rien faire, plusieurs personnes dans le taxi devront abandonner. À San Francisco, la ville natale d'Uber, les taxis jaunes sont acculés à la faillite. Les tactiques d'Uber sont bien connues, cette compagnie s'installe sans respecter aucune loi, baisse les prix pour anéantir la concurrence et prend le marché. Par la suite, les prix montent.

Cette compagnie est contestée même en Californie : demande de recours collectif des chauffeurs pour être reconnus comme salariés, amende pour non-respect de divulgation d'informations à la Commission des transports, recherche d'antécédents judiciaires des chauffeurs déficiente, etc.

Des États ont banni Uber. Pourquoi devrait-on les tolérer? Parce qu'ils sont maintenant installés, et ce, en ne respectant pas la loi? Parce que les gens les aiment? Non mais, on croit rêver. Laissons délirer les apôtres d'Uber et réveillons-nous.

Suzanne Germain, Lévis

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