«Je suis CPE»

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Le Soleil

Comme tous les matins, je vais reconduire mes trois merveilleux garçons (4 ans, 4 ans et 1 an) au centre de la petite enfance du coin. Ma conjointe, enceinte d'un quatrième garçon, et moi sommes tous deux professionnels. Nous travaillons en région et cumulons un revenu familial de plus de 150 000 $.

Aujourd'hui, je suis accueilli par la gestionnaire du CPE me disant qu'au 1er avril 2016, le gouvernement a décidé de couper 110 000 $ dans notre établissement. Ce qui signifie environ 12 % du budget d'exploitation (120 millions $ à l'échelle nationale). Ces coupes se traduiront possiblement en réduction d'effectif, de qualité-diversité de la nourriture, sur l'entretien ménager et dans le programme pédagogique.

Prenons un peu de recul et revenons en 2015. M. Couillard nous annonce que les tarifs des CPE seront augmentés afin de participer à l'effort de réduction des dépenses pour atteindre l'équilibre budgétaire. Ces tarifs seront sous une formule de palier selon le revenu familial et effectifs à partir du 1er avril 2015. Selon ma situation, cela correspond à une augmentation de 173 % (7,30 $ à 22 $) représentant 6780 $ (2260 $/an/enfant). À cet instant, le gouvernement venait de modifier le coeur de nos politiques sociales québécoises : des services publics pour tous et au même prix. Comme tout bon citoyen, j'ai longuement réfléchi et j'ai fini par accepter cette régression nationale pour le bien commun qui est d'atteindre un équilibre budgétaire. Nous avons mis de l'argent de côté afin de faire face à l'augmentation des tarifs.

Ce matin, à ma grande surprise, non seulement nous payons près de trois fois plus cher les tarifs, mais nos services seront également amputés ou réduits. C'est comme si du jour au lendemain le 2 litres de lait me coûtait 15 $ et qu'il était vendu dans un contenant de 1,5 litre. C'est comme si Hydro-Québec augmentait mes tarifs d'électricité de 150 % et me coupait le courant entre 2h et 6h.

Monsieur Couillard, je suis un professionnel qui paye sa part d'impôt. Je suis d'accord pour vous aider activement dans votre projet d'équilibre budgétaire. Mais je ne suis pas d'accord pour que mes enfants au CPE du coin soient catégorisés à 22 $ par jour. Est-ce normal que je doive expliquer à mon enfant de 4 ans qu'il existe des amis 7,30 $, à 9,16 $, à 11,41 $, etc. dans son groupe alors que je devrais lui dire que nous sommes tous égaux au Québec?

Je ne suis pas d'accord de payer plus pour moins de service, surtout quand cela touche directement nos enfants qui sont l'avenir de notre pays. Je ne suis pas d'accord qu'un parti politique en place, peu importe lequel, ait le droit de mettre la hache dans nos politiques familiales durement gagnées et prendre les parents en otages.

Dois-je me préparer à payer mon permis de conduire, mes taxes scolaires, mon impôt foncier, mon électricité, etc. trois fois le prix l'an prochain?

Alors...devons-nous mettre en place une régie de la famille afin de protéger nos acquis des ambitions politiques?

Je suis Québécois, je suis papa mais aujourd'hui, «Je suis CPE».

Martin Gaboury, Sept-Îles

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