Ils étaient Québécois, Québécoises

Le fleurdelisé a été mis en berne à l'Assemblée nationale, lundi.... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Le fleurdelisé a été mis en berne à l'Assemblée nationale, lundi.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Citoyens et citoyennes du monde, comme ceux et celles de Bamako, Jakarta, Paris, Istanbul, Saint-Jean, pour n'en nommer que quelques-uns.

Ils étaient aimés et appréciés par tous : famille, amis, collègues de travail.

Comme nous tous, ils aimaient la vie.

Et comme pour toutes les victimes du terrorisme, rien ne peut justifier le sort cruel qui leur a été réservé.

Nous vivons sur une planète troublée. Plus petite aussi. Tout est maintenant si près de nous.

Et nous réalisons tous, toutes, que cette violence barbare qui semblait si loin de nous autrefois peut également toucher le Québec. Que le fait de vivre dans une société démocratique, ouverte, plus solidaire, ne nous isole pas du terrorisme. Pire encore, que ces caractéristiques font partie des cibles que ces assassins veulent atteindre.

Philippe Couillard a rendu hommage aux victimes québécoises... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot) - image 2.0

Agrandir

Philippe Couillard a rendu hommage aux victimes québécoises du terrorisme, lundi, à Québec. 

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Parlons d'eux - pensons à eux : Tahar Amer-Ouali, de Laval, était le père de cinq enfants et grand-père. Il était audioprothésiste, un alpiniste aguerri. Il aimait voyager et venir en aide à celles et ceux dans le besoin. Il se trouvait à Jakarta en Indonésie, une ville qu'il adorait.

Un groupe de Québécois avaient, quant à eux, entrepris un voyage humanitaire d'un mois au Burkina Faso.

Louis Chabot, père de trois enfants et originaire d'Albertville dans la Matapédia, était enseignant. Ses proches le décrivaient comme un véritable bon gars. Un homme toujours prêt à rendre service.

Mère de trois enfants, Suzanne Bernier n'en était pas à sa première expérience humanitaire. Retraitée du secteur de l'enseignement, son dévouement envers les gens les plus démunis était connu de ses proches.

Yves Carrier était lui aussi un retraité du secteur de l'enseignement. Un homme généreux et respecté de toute sa communauté.

Sa conjointe, Gladys Chamberland, travaillait au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles. Elle était une coopérante dans l'âme. Une femme souriante et passionnée.

Leur fils, Charlelie, était étudiant et travaillait auprès des jeunes au centre de plein air Le Saisonnier à Lac-Beauport, Québec. Il était apprécié de tous.

La demi-soeur de Charlelie, Maude Carrier, travaillait également dans le secteur de l'enseignement. Elle était elle-même maman de deux enfants. Elle partageait avec ses amis son expérience sur les réseaux sociaux, que ce soit son arrivée au village de Kongoussi ou les activités qu'elle s'apprêtait à effectuer.

Dans une lettre datée du 1er novembre dernier, Mme Chamberland décrivait le projet de la façon suivante : «Au mois de décembre prochain, nous partirons, un groupe de six personnes pour un voyage humanitaire d'un peu plus d'un mois au Burkina Faso. Nous allons là-bas pour réaliser certains projets en réponse aux besoins exprimés par nos connaissances sur place, principalement des membres de communautés religieuses rencontrés lors de deux voyages précédents.»

Prenons le temps d'écouter Mme Chamberland nous donner les détails du projet : la réfection d'un dortoir et le forage d'un puits nécessaire pour les élèves d'une école; l'aménagement d'un terrain de sport; des travaux de rénovation et de réfection dans le bâtiment des soeurs à Mani, un village au nord-est du Burkina Faso; le parrainage et l'aide directe aux plus démunis; une participation financière pour aider les femmes d'un village à démarrer leur fabrique de savons.

Ils étaient parrainés par le Centre Amitié de Solidarité Internationale de la Région des Appalaches, l'organisme CASIRA.

Comme Mme Chamberland le disait elle-même : c'était un beau projet!

Leur engagement envers les plus démunis représentait ce qu'il y a de meilleur chez l'être humain : l'altruisme, la compassion, l'ouverture et la générosité.

Nos compatriotes étaient à l'étranger pour répandre l'espoir. Pour faire le bien, tout simplement.

Devant ces gestes odieux, nous nous sentons impuissants. Nous cherchons à comprendre ce qui n'est ni explicable ni justifiable.

Rien ne peut expliquer des actes gratuits d'une telle lâcheté.

Rien ne peut expliquer cette violence aveugle.

Rien ne peut expliquer que l'on s'attaque aux gens qui contribuent, avec dévouement, à bâtir un monde meilleur.

Cette attaque envers eux, elles, c'est aussi une attaque envers nous tous.

Jamais nous n'accepterons de plier devant ces terroristes.

Jamais nous n'accepterons de faire de compromis sur nos valeurs de liberté, de démocratie et de tolérance.

Nous allons répondre en les préservant, parce qu'elles sont ce que l'humanité a de meilleur.

En continuant nos gestes individuels et collectifs de solidarité, ici et ailleurs dans le monde. En maintenant par exemple notre engagement au sein de la francophonie internationale, partout où des Québécois, des Québécoises font aujourd'hui, feront demain la différence en apportant l'espoir.

Mais nous ferons tout cela sans illusions, naïveté ou compromis. Ces gestes renforcent aussi notre détermination à combattre ces barbares de toutes nos forces, aux côtés de nos alliés.

Devant la multiplication de ces attaques inqualifiables, j'ai confié à la ministre des Relations internationales le mandat de poursuivre les efforts de collaboration avec nos partenaires internationaux pour lutter contre la radicalisation.

En mémoire et en signe de respect et de solidarité envers les victimes et toutes celles et tous ceux touchés par ces événements tragiques, notre drapeau du Québec est en berne sur la tour centrale du Parlement.

Ce drapeau est le signe de notre force. Celle qui vient de l'unité d'un peuple déterminé à continuer à vivre ensemble, surtout dans les moments difficiles.

Car ce qui nous unit sera toujours plus fort que ce qui nous divise.

Le milieu de l'éducation de la région de Québec est particulièrement touché par ces tragiques événements.

À tout le personnel et aux élèves des écoles secondaires Jean-de-Brébeuf, Cardinal-Roy et de l'école Boudreau, nos pensées sont avec vous en ces moments difficiles.

Aux religieuses de la Congrégation des soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours, c'est dans votre mission au Burkina Faso que tous allaient faire le bien. Comme nous tous, vous êtes sous le choc; nos plus sincères condoléances.

À vous tous et toutes, les conjoints, époux, frères, soeurs, enfants, petits-enfants, élèves, collègues de travail, proches et amis de toutes les victimes de ce carnage insensé en ces moments troubles et difficiles, recevez en mon nom personnel, au nom de mon épouse Suzanne, au nom de la nation québécoise, notre plus vive sympathie et notre affection la plus profonde.

Vous les aimiez. Je comprends votre douleur. Aujourd'hui, cette douleur est celle de tout le Québec.

Merci.

Philippe Couillard, Premier ministre du Québec

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer