Guides touristiques: niveler vers le bas

Les touristes sont de plus en plus cultivés... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Les touristes sont de plus en plus cultivés et n'en sont plus pour la plupart à leur première destination lorsqu'ils arrivent à Québec ou à Montréal.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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Québec, ville du patrimoine mondial de l'UNESCO, berceau de plus de 17 millions de descendants français d'Amérique, seule ville fortifiée au nord du Mexique, capitale nationale, ancienne capitale fédérale, ville aux patrimoines architectural, militaire, religieux, muséal, gastronomique, et j'en passe, imposants, ne mérite pas de guides touristiques certifiés? La recette parfaite pour ne plus avoir à chercher le tombeau de Champlain...

Faut-il le rappeler, les touristes qui viennent à Québec le font en premier lieu pour ses aspects historiques et culturels. Pour les avoir guidés pendant de nombreuses années et avoir cofondé par la suite une entreprise qui le fait encore à ce jour, je peux vous affirmer que la formation de 150 heures donnée par les Collèges Mérici et St. Lawrence ne constitue qu'un strict minimum.

Même qu'à mon humble avis, la formation devrait faire l'objet d'un certificat universitaire, car, voyez-vous, les touristes sont de plus en plus cultivés et n'en sont plus pour la plupart à leur première destination lorsqu'ils arrivent à Québec ou à Montréal. Ils veulent apprendre et ils savent comparer. Leurs questions sont par le fait même d'autant plus multiples et exigeantes : pourquoi parlez-vous toujours français? Quand allez-vous former votre propre pays, vous êtes tellement différents du reste du Canada? Pourquoi des toitures rouges? Comment se fait-il qu'il y ait des Hurons à Québec? Je pourrais être de descendance allemande? Y avait-il des Noirs en Nouvelle-France? Vous avez participé à la French and Indian War? Pourquoi des Irlandais à Québec? Qui était Honoré Mercier? De quel type de pierres s'agit-il? Pourquoi des toitures de métal? Qu'est-ce que la Révolution tranquille? 

Je comprends que certains autodidactes puissent répondre sans faire dans l'opinion personnelle à ce genre de questions à l'instar de serveurs de grands restaurants d'autrefois qui finissaient par maîtriser la carte des vins à force d'essais-erreurs. Mais, voyez-vous, de nos jours le personnel des grandes tables doit disposer au strict minimum d'une formation en restauration et hôtellerie.

Abolir l'obligation de formation des guides touristiques et le contrôle des permis, c'est l'équivalent pour un restaurateur de s'en remettre exclusivement à la réputation de son chef, de confier le service aux tables à des amateurs et de ne plus effectuer de contrôle de salubrité. L'expérience des clients risque de s'en ressentir grandement et la réputation du restaurant, laissée au hasard. Une stratégie d'affaires, vous en conviendrez, peu recommandée et recommandable surtout lorsque la concurrence est vive.

Et Québec, à titre de destination touristique mondiale, doit justement composer avec une très vive concurrence de calibre international au surplus. Des expériences remarquables et des réputations recommandables, voilà ce que les touristes recherchent et trouvent de nos jours, et ce, de plus en plus facilement. Alors, diantre, pourquoi vouloir niveler vers le bas, Monsieur le Maire? 

«Don de Dieu feray valoir»

Carl Laroche, ing. et diplômé en histoire, Cofondateur de Tours Voir Québec, Montréal

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