La grandeur du médecin de famille

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Le Soleil

En réaction à la lettre «Le petit médecin de famille québécois» publiée le 5 janvier 

Une nouvelle directive ministérielle émanant du ministre Barrette concernant les effectifs médicaux en établissement suscite bien des réactions, comme celle de cet étudiant en médecine sur le rôle du médecin de famille.

Être un bon médecin de famille en 2016 au Québec, dans le premier sens du terme, équivaut-il à être si petit? Être potentiellement et hypothétiquement confiné aux suivis de patients en cabinet médical ou en CLSC, (ce qu'aucune entente ne prévoit d'ailleurs) en ferait-il un petit professionnel?

De tout temps, le coeur de la pratique du médecin de famille n'est-il pas d'assurer le suivi de patients de tous âges pour des problématiques multiples et variées? C'est ce que la majorité des médecins de famille québécois font au quotidien dans la continuité des soins et c'est l'objectif de la formation de nos futurs médecins de famille. La relation privilégiée du médecin de famille avec son patient dans ce suivi est d'ailleurs des plus valorisantes et source de reconnaissance de la part de nos patients. Voilà à mes yeux le premier élément de la grandeur du médecin de famille québécois.

Ceci dit, les médecins de famille au Québec ont bel et bien une pratique polyvalente unique, partageant leurs activités en centre hospitalier ou en centre d'hébergement de longue durée. Quand monsieur Ferland affirme que l'on devrait en faire davantage à ce niveau, il faut se rappeler que les médecins de famille québécois sont déjà présents dans ces établissements pour près de 40 % de leur activité professionnelle alors que, dans le reste du Canada, on parle d'une moyenne avoisinant plutôt 20 %. 

Cette donnée fondamentale explique en partie la pénurie de médecins de famille pour le suivi de patients dans la communauté et que plus d'un million de Québécois se cherchent encore un médecin de famille. 

Voilà pourquoi la Fédération de médecins omnipraticiens du Québec souscrit à l'objectif de rééquilibrer les activités des médecins de famille tout en préservant en établissement son rôle pour ce qui doit être fait par un médecin de famille : urgence, obstétrique, soins de longue durée et hospitalisation. Cette polyvalence contribue elle aussi, effectivement, à la grandeur du médecin de famille québécois. Mais il m'apparaît bien présomptueux et simpliste d'associer la grandeur de notre travail à un lieu ou à un type de pratique comme le fait monsieur Ferland. Comme enseignant en médecine familiale, jamais je ne pourrai souscrire à une telle vision.  

En conclusion, je crois sincèrement que c'est dans la mesure où celui-ci jouera son rôle là où les besoins se trouvent, que ce soit en clinique dans la communauté ou en établissement hospitalier, que nous pourrons apprécier la «grandeur» des médecins de famille, et ce, au même titre et à la même hauteur que les autres médecins avec qui ils travaillent pour assurer aux Québécois des soins de qualité.

Sylvain Dion, fier médecin de famille à l'unité de médecine familiale, Lac-Etchemin

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