Jean-Paul L'Allier le diplomate

Jean-Paul L'Allier en compagnie de l'ex-conseiller municipal Jacques Jobin... (Photothèque Le Soleil)

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Jean-Paul L'Allier en compagnie de l'ex-conseiller municipal Jacques Jobin

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Le Soleil

Octobre 2002, c'est le Sommet de la Francophonie à Beyrouth. Tous les principaux dirigeants francophones d'Afrique, d'Europe, d'Asie et d'Amérique sont présents. À la même occasion se tient la rencontre des maires de leurs principales villes, regroupées dans l'Association internationale des maires francophones, l'AIMF. Jean-Paul L'Allier en est le vice-président depuis plusieurs années et est grandement respecté par ses collègues de la communauté internationale. Cette réunion est importante parce qu'elle marque un changement de garde avec l'arrivée à sa présidence du nouveau maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui désire apporter des changements significatifs à l'organisation.

J'occupe alors la fonction de vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec. Jean-Paul L'Allier me fait venir à son bureau et me demande de le remplacer à Beyrouth puisqu'il préfère demeurer à Québec pour finaliser certains dossiers prioritaires de la Ville. C'est une grande marque de considération puisque le défi est de taille. Mais, c'est du Jean-Paul L'Allier... Il n'a pas peur de déléguer et d'accorder sa confiance.

Le 5 octobre 2002, un drame éclate. Bertrand Delanoë est poignardé en plein hôtel de ville à Paris. Son état est critique. Il lui est impossible de se rendre à Beyrouth. Je rencontre le maire de Québec, qui est en contact avec le bureau du maire de Paris. Je suis convaincu que ma mission n'aura pas de lendemain. Jean-Paul L'Allier m'informe que la mairie de Paris lui demande de remplacer M. Delanoë au pied levé. Il a le mandat de convaincre les maires de l'AIMF de faire adopter le programme du nouveau président. Je lui souhaite une bonne mission. Il me dit alors : «Jacques, je remplace le maire de Paris et toi, tu remplaces le maire de Québec, alors nous partons ensemble.» Raymond Benoit, son chef de cabinet nous accompagne.

À notre arrivée, la délégation de la Ville de Paris nous accueille. Ses représentants sont inquiets puisque plusieurs membres de l'AIMF semblent vouloir rejeter les changements proposés par Delanoë. Le vote doit se tenir le lendemain. Jean-Paul L'Allier propose alors de rencontrer chacune des délégations pour les convaincre de la nécessité de ces modifications.

Nous y passons la soirée et une partie de la nuit. Je suis frappé par l'accueil très chaleureux réservé au maire de la ville de Québec. Tous connaissent Jean-Paul, un confident, un modèle, un collègue. Son expérience, son réseau, son talent de communicateur, son sens de l'écoute et sa réputation font effet. Les discussions sont amicales, pleines de respect, de considération et de sagesse. Il propose adroitement des pistes de solution et rallie les opinions divergentes. Il parvient à établir un consensus entre les participants. Après de multiples rencontres, l'assemblée des maires adopte les propositions du nouveau président. Nous rencontrons l'équipe de Bertrand Delanoë qui a un message à transmettre à Jean-Paul L'Allier. «Le maire de Paris vous sera toujours reconnaissant pour le travail exceptionnel que vous avez fait.»

Le lendemain, Jean-Paul prépare le discours qu'il doit livrer devant tous les maires représentant les villes de l'AIMF. Il y travaille toute la nuit. Au petit matin, il nous soumet son texte, qui est impeccable. Le discours de 30 minutes est prononcé devant plus de 300 participants. Le président de la France et le président du Liban sont présents. Son message porte sur les valeurs humaines et démocratiques nécessaires au succès des villes, deux sujets qui sont si importants pour lui. Il reçoit une ovation unanime des participants. Jacques Chirac salue chaleureusement son ami Jean-Paul, qui a droit aux éloges du président de la République.

En trois jours, l'intelligence, le leadership et la passion de Jean-Paul L'Allier ont permis de dénouer des enjeux complexes et de faire de cette rencontre stratégique un très grand succès.

J'ai eu l'occasion de voir M. L'Allier à l'oeuvre dans plusieurs autres dossiers, qu'ils soient de nature locale ou internationale. Il possédait toutes les qualités d'un grand diplomate. Son approche reposait sur des valeurs de respect, d'écoute et de considération. Il savait agir avec tact, souplesse et détermination. Il croyait fondamentalement à l'importance de la qualité des rapports humains pour dénouer les situations les plus difficiles.

Merci, Jean-Paul L'Allier, de ta contribution exceptionnelle à la démocratie municipale et au rayonnement international de notre ville et du Québec.

Jacques Jobin, conseiller municipal (1989-2005), Québec

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